«Les Américaines qui ont voyagé en Europe portent assez volontiers une chemise, mais sans renoncer pour cela à leur petit tricot qu'elles appellent en français un veston. Celui-ci se porte directement sur la peau, par-dessus elles agrafent directement leur corset, mettent leur pantalon, et c'est après tout cela qu'elles endossent une chemise, qui tient lieu à la fois de corsage de dessous et de petit jupon; une chemise qui est une sorte de robe de dessous»[541].

D'autres que les Transatlantiques ont porté, nous l'avons vu, le pantalon sous la chemise, mais cette chemise qui tient lieu à la fois de corsage et de jupon ressemble bien plus à la combinaison qu'à la chemise. C'est, dans toute sa simplicité, la combinaison-marquise.

La Mode pratique avait bourgeoisement vanté les économies de blanchissage que permettait de réaliser la combinaison. La Nouvelle Mode, elle, leur substitua les avantages que la mode nouvelle présentait au point de vue de l'hygiène[542].

Je n'insisterai pas et j'en aurais fini avec la combinaison, à laquelle, pour être franc, j'avouerai préférer, comme Violette, le pantalon, si, à ce sujet, l'Allemagne ne nous fournissait quelques mots composés de la plus belle venue.

On ne peut pas toujours composer des mélanges asphyxiants, rédiger de fausses dépêches, bombarder des cathédrales ou mutiler des femmes et des enfants: il faut alors se rejeter sur les mots composés, ce qui, comme on sait, remplacent, sur les bords de la Sprée, les chansons à Montmartre.

Sans avoir eu, le plus souvent, la mauvaise curiosité d'aller y voir, on connaît l'inélégance des dessous de la femme allemande:

«Des jupons de flanelle, des pantalons de flanelle rouge, des corsets en coutil mal faits, des chemises bien hautes en grosse toile, des bas tricotés bien courts, finissant au-dessous du genou»[543].

M. Grand-Carteret a beau, après cette citation, crier à l'exagération—ce n'est pas «moche» c'est «boche»—cette description ne semble pas mentir à la réalité. Une aimable femme, que son commerce a fait séjourner à Berlin, a bien voulu me donner à ce sujet des détails amusants et y a même joint des catalogues et des échantillons à leur manière suggestifs.

En dehors des clientes de l'abbé Kneipp, auxquelles l'hygiène interdit de porter des pantalons; dans la classe moyenne, la plupart des femmes n'en portent pas davantage, l'été. Uniquement destiné à tenir chaud, long et large, tombant à mi-mollet, caleçon plutôt que pantalon féminin, il n'est guère en usage que l'hiver et alors apparaissent sous les jupes des femmes et des filles des herr professor, outre le classique madapolam, le croisé, le molleton, la flanelle, rouge parfois et plus souvent grise—c'est moins salissant.

La bourgeoise n'a pas besoin de posséder dans son armoire un jeu complet de pantalons. Elle n'en porte que l'hiver et en change rarement. Deux ou trois, et même moins, suffisent.