Ce n'est pas mal, mais, en fait de combinaisons, il y a mieux et il faut vraiment que l'on ait recours à la bêtise de 93 intellectuels allemands pour leur trouver des noms, des noms à coucher sous les ponts ou à finir dans un camp de concentration, et sans les retirer, encore!

On a ainsi le «Hemd-Rock-Beinkleid» (chemise-jupon-pantalon); le «Hemd-Beinkleid» (chemise-pantalon, la combinaison proprement dite); et l'«Untertaille-Rock u. Beinkleid» (cache-corset-jupon et pantalon).

Ces différents objets sont, on le voit, aussi composés que les mots qui les désignent... Les catalogues des maisons de confection allemandes en offrent divers modèles et ils se font en plusieurs qualités.

La qualité supérieure ne se contente pas d'être plus fine de tissu, plus soignée, plus élégante et plus courte de jambes. Un perfectionnement lui a été apporté, qui mérite d'être noté.

Moins que toute autre, la femme allemande ne peut songer à porter des pantalons et moins encore des combinaisons fermés. Les chopes de bière qu'elle ingurgite volontiers à la brasserie, à côté de son seigneur et maître, le lui interdisent formellement. Elle a, toutefois, une pudeur, ou mieux une pudibonderie relative et, pour pallier aux inconvénients de la fente généralement aussi béante que le sourire de l'héritier du trône d'Allemagne, elle a trouvé quelque chose, dont aucune Parisienne ne voudrait jamais, sans doute, affronter le ridicule.

La combinaison d'un modèle soigné est à pont.

Ce détail est très scrupuleusement représenté sur la figure du catalogue. C'est à la fois grotesque et inconvenant. L'on ne peut songer sans rire à la gymnastique à laquelle sont contraintes les malheureuses qui portent cette lingerie. Oh honte! au lieu de Bacchus ivre ou de Danaé surprise, Dorothée en train de baisser son pont ou Charlotte occupée à remonter le sien!

Et à l'heure des abandons, lors des petits jeux qui, dans la chambre tiède, où stagne le mélange cher du chypre et du tabac blond,—plus blond et plus savoureux que toi, Gretchen!—précèdent les soupirs et les mots entrecoupés de la bien-aimée, avoir à déboutonner le pont de sa combinaison, à moins qu'elle ne préfère le faire elle-même:

—Attends, chéri, que j'défasse mon pont.

Voilà qui, dans la langue du grand siècle, doit singulièrement vous monter le bourrichon!