Si ces beautez estoient sans voiles.

Les Dieux qui règnent dessus nous,

Assis là-haut sur les Estoilles,

Ont un moins beau siège que vous.[71]

«Ah! ah! quel charmant paysage!» se serait écrié Piccaluga, à l'époque heureuse où la pauvre Biana Duhamel et le prince consort étaient, au grand scandale de l'Élysée, accueillis, aux Ambassadeurs, par une intempestive Marseillaise. Hélas! par ces temps de pudibonderie honteuse, que diraient les successeurs de M. Bérenger, ce dernier rempart de la vieille gaîté française, s'il plaisait à quelque poète de la Butte, de célébrer ainsi les culbutes au Moulin de la Galette, d'une gigolette dépourvue de pantalon?

C'était, pourtant, le cas de toutes à cette époque. Gigolettes, non pas, mais grandes dames, à peine si, à la cour du Grand Roi, les plus illustres prenaient soin de s'en munir pour monter à cheval. Souvent même, elles négligeaient cette précaution: c'étaient, en cas de chute, des horizons aperçus non moins vastes que ceux que chanta Voiture.

L'on en riait. Rien de tel pour égayer une chasse. Le soleil que Louis XIV avait pour emblème ne l'empêchait point d'apprécier la lune à sa juste valeur. Bussy-Rabutin, cette mauvaise langue, nous dit la gaîté du roi et de sa maîtresse—du moment—Mlle de Fontanges, alors «durement enceinte» au souvenir de l'accident qui, le tantôt, avait dévêtu l'une des chasseresses:

«La chasse finie, le Roi descendit de cheval prit place auprès d'elle (Mlle de Fontanges), et la conduisit dans son appartement. Elle étoit pour lors dans l'humeur la plus gaie du monde; et elle dit mille plaisanteries à son amant sur le divertissement qu'une de la troupe avoit donné en tombant de son cheval. Le Roi rioit de tout son cœur, particulièrement quand elle dit devant plusieurs personnes que cette chute devoit être d'autant plus sensible à cette chasseresse, que les dames ne s'étoient pas pourvues de caleçons contre l'ordinaire. Cela donna occasion à Mlle de B..., fille d'honneur de Madame, de dire qu'elle mourroit, s'il lui étoit arrivé un pareil accident...»[72]

Allons donc! Il arriva à Mlle Churchill et elle n'en mourut pas, au contraire!

Le pantalon ne sévissait pas plus, alors, à la cour d'Angleterre qu'à celle de France. Mlle Churchill, entre autres, n'en portait pas; ce à quoi elle dût d'asseoir définitivement son crédit. Pouvait-elle choisir meilleur fondement? Sa figure pouvait laisser à désirer, son corps était, par contre, superbe et digne de fixer les désirs qui voyagent en croupe?