De même, les chutes au tennis ne datant pas d’aujourd’hui, Philœnis, l’une des héroïnes de Martial (Epigr. VII, 67) a soin de passer un pantalon avant de jouer à la balle.
C’étaient évidemment là des cas où il pouvait paraître indispensable. Mais, en dehors de ces jeux, à certaines époques tout au moins, les Romaines: matrones, affranchies et femmes du peuple firent mieux et en portèrent d’une façon courante.
Les fouilles et les moulages opérés à Pompéi, par M. Fiorelli, ne laissent sur ce point aucun doute.
Dans la grave Revue des Deux Mondes,M. Beulé commentait ainsi la découverte de ces corps de femmes moulés dans la cendre:
«Les cuisses sont recouvertes d’une étoffe fine qui constitue un véritable caleçon. Ce qu’on avait cru remarquer sur les empreintes du souterrain de Diomède devient ici un fait certain. En y réfléchissant, le costume antique était si transparent chez la femme, si court chez les hommes, si sujet aux accidents de la vie en plein air, que le caleçon ou un équivalent étaient nécessaires pour que la pudeur ne fût pas à chaque instant blessée. La sculpture n’avait pas à tenir compte du caleçon, qui disparaissait sous le costume; toutefois, sur la colonne Trajane, on était déjà averti que les soldats romains en portaient; à Pompéi on constate que même les esclaves et les femmes du peuple avaient ce vêtement qui, surtout alors était indispensable»[2].
Puis, au sujet d’une jeune fille:
«Deux anneaux de fer passés à ses doigts attestent sa pauvreté; son oreille écartée et large, son origine prolétaire. Sur les cuisses, on reconnaît un caleçon assez fin; au contraire, l’étoffe du reste des vêtements est grossière, déchirée par places, mais elle laisse voir des chairs fermes et polies, des contours d’un réalisme presque embarrassant qui rappelle le modèle dans l’atelier.»[3]
Toutes étaient loin d’en porter, cependant. Calphurnie, outrée d’avoir perdu la cause qu’elle venait de plaider, aurait même donné aux juges que n’avait pu toucher la grâce de son talent, une preuve, empruntée à Phryné, de l’ignorance où elle vivait de ce vêtement.
Ce geste dont devait se souvenir la Mouquette aurait même été la cause, suivant Furetière, de la loi qui fit interdire aux femmes l’exercice du barreau: