«Calphurnie fut cause qu’on a interdit le barreau aux femmes, parce qu’ayant plaidé une cause qu’elle perdit, elle en fut si irritée contre les Juges, qu’elle se découvrit impudemment le derrière et le leur montra par mépris. On ordonna en même temps que jamais femme ne plaideroit»[4].

Sans doute, craignait-on que la justice, malgré sa cécité légendaire, se laissât trop facilement influencer si de tels éléments d’appréciation continuaient à être soumis au tribunal.

L’Ordre des Avocats compte aujourd’hui d’adorables «consœurs»: est-ce en raison du pantalon dont on les croit munies sous leur robe que la sévérité de la loi s’est, dirai-je à leur endroit, si singulièrement adoucie?

Pour Vignola, comme pour Beulé, la Romaine aurait porté sous la stola un caleçon d’un tissu délicat et... «des chaussettes»[5].

Oh, oh!... voilà qui est un peu osé; mais Vignola joint tant d’esprit à son talent.

Le caleçon se retrouve également dans la Gaule et la Gallo-Romaine ne portant pas de bas, ce serait à retenir autour du genou leurs culottes qu’auraient servi les jarretières luxueusement ornées: camées, pierres gravées, émeraudes ou améthystes, dont les fouilles nous révèlent parfois la richesse[6].

La sculpture n’a point toujours négligé ce détail. Au Louvre, parmi les délicieuses statuettes en terre cuite provenant de Myrina, figure un Atys hermaphrodite, en costume phrygien, dont, dans le mouvement de la danse, la tunique courte laisse voir, tombant jusqu’à la cheville, les jambes d’un pantalon étroit et uni[7].

Le pantalon, combien qu’on ait longtemps semblé l’ignorer, appartenait si bien au costume de la femme antique, qu’en 1807, se faisant auprès de leurs contemporaines les apôtres peu écoutés de ce vêtement oublié, les docteurs Desessartz et de Saint-Ursin ne craignaient point de se reporter à l’antiquité et de la donner comme exemple:

«Parmi les vêtements de l’antiquité grecque, que le goût et la santé devraient faire prendre au sexe en Europe, il en est un dont j’ai toujours regretté qu’on ne soupçonnât pas le besoin: c’est le double caleçon, l’intérieur de toile et l’extérieur d’une soie légère, qui, en interceptant le passage de l’air, soit dans la marche ordinaire des femmes, soit dans leurs danses animées, préviendrait les rhumatismes et d’autres incommodités... Cette antique et nouvelle parure, si elle était adoptée, aurait encore l’avantage de les délivrer des entraves de leurs triples jupons[8].