Ce conseil fut, il est vrai, un peu suivi. Parmi les grandes dames de la cour impériale, Hortense fut seule, à peu près, à consentir, et par un simple caleçon, à ce retour à l’antiquité. A peine si sa mère, l’impératrice Joséphine, en portait parfois pour monter à cheval et combien en ignorèrent toujours l’usage. Quant à ceux d’Hortense, le grand livre de Leroy, à défaut des indiscrétions de la chronique, nous en révèle l’élégance.

De Rome, le subligat des acrobates et des actrices de mimodrames était passé à Byzance, où au VIe siècle, il était interdit aux femmes de se dévêtir sur la scène sans en être munies.

Notre temps n’a rien inventé, à part la Volupté nouvelle... et elle s’en va en fumée! c’était déjà le cache-sexe cher à M. Bérenger, dont les échos du Palais de Justice ont popularisé le nom, ces dernières années.

Procope, que son nom semblait vouer à ces potins politiques, nous a révélé ce détail de mœurs ignoré. Théodora elle-même, dans une nudité dont elle se montrait peu avare, se voyait forcée de conserver ce mince vêtement destiné à mettre un frein à la licence des rûts.

«Souvent, au théâtre, devant le peuple entier, elle ôtait ses vêtements et s’avançait nue au milieu de la scène ne gardant qu’un petit caleçon qui cachait le sexe et le bas-ventre. Ceci même, elle l’aurait volontiers montré au peuple, mais il n’est permis à aucune femme de s’exposer tout à fait (nue) si elle ne porte pas au moins un petit caleçon sur le bas-ventre...[9].

Avec l’invasion barbare, le pantalon semble avoir disparu de la toilette des femmes, pour passer, sous le nom de braies,dans celle des hommes. Le Moyen-Age est, au point de vue qui nous occupe, d’une pauvreté de renseignements navrante.

A peine si deux vers du Roman du Renard nous font connaître que quelques femmes en portaient... et fermés encore! Sans doute, estimaient-elles, comme Willy, que c’était plus distingué[10].

Cela a ses braies avalées

Qu’elle avait... fermées.

Patience, malgré le silence des auteurs, le pantalon ne devait par tarder à faire une nouvelle apparition sous les jupes des dames. Le Dictionnaire du Mobilier de Viollet-le-Duc en fait foi aux articles Jarretière et Braies: