Dans son étude sur la Raucourt et ses amies, M. Jean de Reuilly croit trouver dans cette chute l'origine de l'ordonnance qui rendit le caleçon obligatoire à la scène:
«Le jour de ses débuts, D'Oligny en sortant de scène tomba dans la coulisse et fit voir son derrière au public...
«La plaisante chute de D'Oligny eut pour résultat l'obligation pour les dames de théâtre d'avoir une culotte ou un caleçon sous leurs jupes. On peut donc dire que cette actrice est l'inspiratrice du pantalon féminin qui, de la scène a gagné la ville au commencement du XIXe siècle»[98].
L'accident ne me semble pas avoir eu d'aussi graves conséquences. Le public se contenta de rire et le lieutenant de police ferma les yeux.
Mlle de Maisonneuve resta étrangère à cette réforme, qui suivant les contemporains aurait eu pour berceau non la Comédie-Française, mais l'Opéra.
On suppose, en effet, quelles piquantes révélations le ballet devait réserver à ses fervents, du jour où Mlle de Camargo y eut importé l'usage gracieux des robes courtes.
Mlle Sallé tenta, de son côté, à Londres, une révolution analogue, quand elle y créa, en 1784, le ballet de Pygmalion. Mais sa haute vertu qui lui valait une estime particulière des Anglais et lui avait fait refuser un don de 2.000 guinées, dont on devine le motif, ne s'était cependant point embarrassée d'un caleçon pour paraître sur la scène. La novatrice était pour la simplification du costume et non pour sa complication. Son costume, dont le Mercure de France fournit la description ne laisse aucune place à un pantalon:
«Elle a osé paraître dans cette entrée sans panier, sans jupe, sans corps, et échevelée, et sans aucun ornement sur sa tête; elle n'était vêtue, avec son corset et un jupon, que d'une simple robbe de mousseline tournée en draperie et ajustée sur le modèle d'une statue grecque»[99].
Pour qu'il y eût caleçon, il fallut la Camargo et ses jupes courtes; puis, il fallut un nouvel accident, car l'accident qui le rendit obligatoire ne vint que plus tard.
«Elle importa au théâtre, dit M. Nérée Desarbres, l'usage des caleçons, qui bientôt furent obligés par une ordonnance de police et plus tard remplacés par le maillot.»[100]