Mme Mireille se releva, posa les mains sur le bord du petit lit, se pencha sur le calme visage puéril, pareil, sous la lueur de la veilleuse, à de la cire à peine rosée — et dont elle attendait obscurément qu’il l’inspirât — mais qui ne lui apprit rien.

Des larmes roulèrent sur ses joues.

Elle sentait une torpeur l’envahir. Sa pensée se paralysait progressivement. Il lui semblait qu’un rideau de brumes s’interposait entre elle et ses soucis.

Et cette impression lui était très douce.

Dans son sommeil, la domestique balbutia quelques syllabes confuses. Le son de cette voix ranima Mme Mireille, dissipa sa torpeur, la remit en état de souffrir. Elle saisit de nouveau la main d’Aimée-Désirée, la baisa, reprit son coffre, sa lampe électrique et sortit de la chambre pour rentrer chez elle, plus lourde d’anxiété que jamais.

En se glissant auprès de M. Adolphe endormi, elle était torturée par l’indécision et lorsque, vers le matin, elle fut enfin accueille par le sommeil, elle n’avait encore trouvé le chemin de son devoir.

XI

Le lendemain, vers la fin de l’après-midi, Mme Mireille faisait sa quotidienne tournée d’inspection dans les chambres afin de s’assurer que tout y était en ordre, pour le service du soir, lorsque sa cousine la rejoignit :

— Un des Anglais d’hier est au salon, dit-elle.

— Lequel ?