Que leur répondre ?
Ils ajoutent :
— Nous possédions en dépôt dans les banques des monnaies saines qui, du jour au lendemain, furent, par votre ordre, converties en une devise qui, par la suite, devait s’avilir en même temps que la vôtre. Comment ne vous accuserions-nous point d’avoir ordonné cette conversion à votre profit, pour rafler nos monnaies d’or, nos livres, nos dollars dont votre Trésor avait un si impérieux besoin ? »
Le moyen de faire comprendre à ces plaignants que, si certaines banques profitèrent, en effet, de l’opération, l’État français n’y trouva nul profit ?
Les Syriens disent encore :
« Qu’avez-vous fait pour l’éveil économique du pays ? Rien ou si peu de chose ! Où sont vos grands travaux d’utilité publique ? Nous les cherchons en vain. Nous manquons de routes, de ports, de chemins de fer[27] ; des milliers de maisons sont à reconstruire dans nos villes… Ah ! comme vous auriez pu entreprendre de belles choses ! Et l’ouverture d’importants chantiers aurait présenté un autre avantage. Elle aurait privé la révolte de tous les auxiliaires que celle-ci recrute parmi les sans-travail et qui vont à la guerre parce qu’elle nourrit son homme. »
[27] Il suffirait de relier Tripoli à Haïffa, c’est-à-dire de construire une voie ferrée de 200 kilomètres pour qu’il soit possible d’aller de Paris au Caire en wagon-lit.
Oui, ce pays était et demeure pour notre commerce, notre industrie, nos sociétés d’entreprises un magnifique champ d’action.
Mais il offre d’autres possibilités encore. Il a son Nil. Et c’est l’Euphrate.