« Pourquoi, oui, pourquoi, l’Œil de la France sur la Route des Caravanes de la Perse et de l’Inde, n’a-t-il abaissé son regard sur l’agglomération de petites maisons aux toits plats qui s’étend entre la vieille citadelle des Émirs et le désert ? »
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Quinze jours ont passé.
Les élections ont eu lieu dans tout le vilayet d’Alep.
L’Assemblée constituante s’est réunie.
Au cours de la première heure de sa première séance, elle a émis un vote à l’unanimité.
Pour affirmer son inaltérable attachement à Damas.
Pour protester contre toute tentative qui pourrait être faite de procéder à un nouveau morcellement des territoires placés sous mandat.
Pour se proclamer fidèle à l’idée de l’unité syrienne.
Afin de montrer que, par ce vote, elle exprime les sentiments de la population, elle a fait parvenir au Haut-Commissariat un demi-quintal de mazbattahs décorées de belles signatures calligraphiées en noir, et frappées de cachets violets, aux termes desquelles tout ce qui compte en Syrie septentrionale déclare qu’Alep et Damas ne font qu’un seul corps ayant même cerveau, même cœur, mêmes entrailles.