La noix de la côtelette ne veut pas être séparée de son os.
Dans l’aventure, M. Reclus, n’a perdu qu’une chance de recevoir de l’avancement.
La France a perdu un peu de son prestige.
C’est plus grave.
VI
L’affaire Sarrail
Sarrail !
Il suffit de lancer ce nom dans la conversation pour qu’immédiatement les esprits se passionnent, pour que les hommes les plus pondérés, les plus réfléchis perdent toute mesure, tout esprit critique, toute objectivité.
Pour prononcer le panégyrique de celui qu’ils appellent « le général républicain », les uns vont jusqu’à l’hyperbole. Les autres chargent le « bas politicien » de tous les péchés, lui attribuent les actions les plus viles, nient même ses qualités et les magnifiques services rendus par lui à la patrie.
Ainsi, lorsque, de 1894 à 1899, l’on citait les noms de Zola, de Picquart, de Pressensé, de Mirbeau, de Gohier et que, selon le camp auquel on appartenait, on tenait ces hommes pour héros ou pour traîtres.
On ne sait, à vrai dire, pourquoi Sarrail symbolise aux yeux des républicains de gauche, l’armée et l’esprit démocratiques. La Ligue des Droits de l’Homme l’a appelé à siéger au sein de son Comité central. Maints groupements cartellistes lui ont conféré une manière de présidence d’honneur. Et les antimilitaristes eux-mêmes ne sont pas très éloignés de le réclamer comme l’un des leurs.