« Le rôle de ces bandes était de jeter le trouble en Syrie. Il fut décidé que, dès leur entrée en action, les Druses se soulèveraient. Mustapha attaqua les Français vers Deraa. Il fit plusieurs opérations entre le 1er et le 10 août, puis attendit les renforts druses qu’on lui avait promis et que Soltan Attrache devait commander. Ils ne vinrent pas.
« Tout ce mouvement était organisé par Riza Pacha Rikabi. »
Qui est Riza Pacha Rikabi ?
Un ancien ministre de Fayçal actuellement premier ministre d’Abdhalah, roi de Transjordanie. Ennemi acharné de la France, en constantes relations avec le Comité syro-palestinien du Caire, disposant d’armes et de capitaux importants, on le trouve mêlé à tous les mouvements dirigés contre nous par les Arabes fanatiques de Damas et les Druses.
« Or, mon renseignement était sérieux, puisque, en octobre, à quelques jours d’intervalle, les événements du Djebel se produisaient ; puisque, à Hama, ville distante de Soueïda d’environ 500 kilomètres, et administrée par un officier d’élite, le commandant Coustillières, contre qui nul ne formula jamais de critiques, les musulmans fanatiques se soulevaient ; puisque, enfin, les bandes pillardes pénétraient dans Damas.
« Que l’on ne parle pas de coïncidences. Ces trois incendies n’éclatèrent pas spontanément.
« Des Damascènes, des Transjordaniens, des Syriens d’Égypte, encouragés, dans la sourde lutte qu’ils soutiennent contre votre pays, par les agents de la grande puissance étrangère que vous savez, les ont allumés. »
La Révolte druse
Sarrail a refusé de recevoir les délégués druses. Et même, il a fait arrêter plusieurs d’entre eux pour les envoyer en résidence forcée à Palmyre[11].
[11] Qui étaient ces délégués que, reprenant un passage d’une lettre de l’Émir Fouad Arslann, l’Écho de Paris présentait en ces termes à ses lecteurs : « Ils étaient quarante chefs et des plus grands, sauf le Sultan Pacha-el-Attrache qui n’accompagnait pas la délégation… Ce sont les amis de la France qui représentent l’élite de leur pays. »