Dans ce document, il est fait seulement mention (ordre J, plus I, première partie, § XI) de la « réserve » dont le mouvement est réglé comme celui d’une unité de manœuvre et avec laquelle doit progresser le poste de commandement, ce qui, d’ailleurs, ne se produisit point puisque, jamais, le général Michaud ne marcha avec cette « réserve » et que, nouveau Soubise, il la perdit !

Si le commandant au groupe d’artillerie est un peu mieux renseigné que son camarade, il a été averti si tard qu’il n’a pas eu le temps matériel de faire préparer son convoi de munitions !

Le général Michaud a donné l’ordre du départ !

Dans le plan qu’il a conçu, tout est prévu comme s’il était question d’une opération genre prise de Douaumont, à exécuter sur le front français, contre un ennemi fixe, par une unité encadrée. Or, il s’agit de la manœuvre d’un groupe mobile, manœuvre classique, pratiquée depuis Bugeaud sur tous les territoires d’opérations extérieures !

Qu’importe ! L’ordre de mouvement contient cette indication évidemment précieuse :

« Se reporter aux articles de X à Y du règlement de manœuvre 2e partie et à l’exercice sur la carte de Montdidier. »

Vous marquez quelque surprise à voir mentionner le nom de Montdidier à l’occasion d’une opération dans le Djebel, contre les Druses ? Apprenez donc que, pendant tout l’hiver 1924-1925, les officiers de l’armée du Levant, appelés à combattre dans le désert et dans la montagne, durent, par l’ordre du général Michaud, se livrer au Kriegesspiel sur la carte de la Somme !

La colonne avance.

Au nord de la route, de nombreuses crêtes offrent à l’ennemi des abris efficaces situés à 1.500 mètres, à 1.000 mètres même de l’axe de marche. Aucune mesure de sécurité n’est prévue de ce côté où, pourtant, l’aviation signale des rassemblements et d’où partira, plus tard, l’attaque contre le convoi.

Un officier d’état-major signale cette lacune au général.