— Les autos-mitrailleuses se chargeront de ça, dit-il.
Et comme il est pressé, il accélère le mouvement.
Enfin, l’on arrive à la première étape : Bos-el-Hariri. Le général Michaud se sépare de ses troupes, de son état-major. Il laisse tout son monde au bivouac. Il monte en avion. Il va coucher à Ezraa.
C’est là que se trouve la base. La confusion règne dans l’organisation du ravitaillement. Le commandant de cette unité, qui ne figure même pas parmi les destinataires des ordres d’opérations, ne sait ce qu’il doit faire.
Le général Michaud, que, à ce moment, on peut comparer au grand Condé, dort.
Le lendemain, lorsque le jour paraît, les troupes voudraient bien recevoir des instructions. Les officiers tentent vainement de découvrir le commandant de la colonne. Or, vous le savez, il n’est pas avec son état-major, et, bien entendu, celui-ci ne peut se substituer au chef absent.
Où est-il, le chef que chacun réclame ?
Un peu partout. Sauf à sa place. On l’aperçoit, vers 8 heures, perdant vingt minutes à chercher lui-même des attelages pour six arabas qui en sont privées. Vers midi, sur un autre point de la route, il fait arrêter son auto pour ramasser une caisse d’obus.
En réalité, la colonne n’est pas commandée.
Elle s’ébranle. Le convoi ne démarre pas. On y envoie des agents de liaison pour lui ordonner de suivre. Mais on ne s’assure pas que l’ordre est exécuté. Et l’on commet cette faute impardonnable de poursuivre la marche en avant. Le soir, vers 17 heures, les éléments avancés arrivent en vue de Soueïda dont on voit la citadelle se profiler au loin sur le ciel. Et l’on se félicite du succès tactique remporté. La manœuvre élaborée sur la carte de Montdidier a pleinement réussi !