Oui, mais, à 18 heures, un officier d’état-major survient. Il rend compte de l’attaque du convoi !

— La situation est tragique, dit-il.

Le général dépêche le colonel Raynal à l’arrière pour y recueillir des renseignements, Puis il tente d’y aller lui-même. Tous deux reviennent, peu après, atterrés.

On dresse le bivouac dans une sorte de cuvette dont on ne prend même pas la peine de faire occuper les crêtes. L’issue vers Soueïda, c’est-à-dire vers l’objectif à atteindre, c’est-à-dire vers l’ennemi, n’est pas gardée.

« C’est miracle, écrit l’officier rescapé dont j’ai cité la lettre que, cette nuit-là, toute la colonne n’ait pas été massacrée au bivouac. »

Vers minuit, le général Michaud décide d’accorder aux troupes une journée de repos, le lendemain. Puis il décide de laisser une garnison à Mezraa et de marcher sur Soueïda. Puis il décide de continuer avec tout son monde sur Soueïda. Mais, vers cinq heures, il se ravise, tient un conseil de guerre avec ses officiers et décide qu’on retournera sur Ezraa.

Un ordre est rédigé dans ce sens (on oublie d’y mentionner l’artillerie) puis on rapporte cet ordre pour le remplacer par un autre qui ne comporte d’ailleurs aucune prescription de détail.

Des coups de feu éclatent. Un grand nombre d’hommes et d’animaux sont blessés.

Il eût fallu, à ce moment, monter une manœuvre et assurer le débouché du défilé dans lequel on allait engager la colonne. On chercherait en vain, dans l’ordre ci-dessus mentionné, et qui figure dans le journal de marche, la moindre idée de manœuvre.

Une fois encore, la colonne s’ébranle dans le plus grand désordre. La route est vite embouteillée. La fusillade de l’ennemi arrête nos éléments de flanc-garde qui refluent en désordre sur la route ainsi que les Syriens et les Malgaches du convoi. C’est la panique.