Il se solidarise avec Michaud.
Précisément parce qu’on ne l’assume pas volontiers dans le militaire, où la tradition exige que, par ricochet, toute faute tactique, stratégique, administrative, retombe sur la tête du dernier muletier, cette attitude force le respect.
Mais — Sarrail le sait-il ? — ce n’est pas ainsi que les soldats et les officiers de son ancienne armée espéraient le voir agir.
Conscients d’avoir été menés au combat par un chef dont le moins qu’on en puisse dire, c’est qu’il fut insuffisant, ils estimaient que ce chef devait être déféré au Conseil de guerre et que si, par esprit de solidarité, ses pairs l’acquittaient, sa mise d’office à la retraite s’imposait.
Ainsi eût-il enfin été placé dans l’heureuse impuissance de nuire.
Ils attendaient que Sarrail prît l’initiative de demander lui-même des sanctions contre son subordonné.
Je ne saurais dire quelle fut leur douleur lorsqu’ils apprirent que Sarrail entendait couvrir Michaud, ni quelle fut leur indignation quand la nouvelle leur parvint que Michaud venait de recevoir un commandement.
— Le Patron n’a pas fait son devoir envers l’armée du Levant, m’ont dit maints officiers qui servirent sous lui à Verdun, en Albanie, en Macédoine, en Syrie.
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Et maintenant, il me reste à poser quelques questions :