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Pourtant, ces propagandistes de l’idée panislamique ne sont pas les auteurs responsables de nos difficultés, les instigateurs du mouvement insurrectionnel. Ils sont venus à lui lorsqu’il s’est déclenché, parce qu’ils ont cru, je l’ai écrit plus haut, qu’il était, pouvait être le premier épisode de la grande lutte à laquelle ils pensent.

Si les éléments nationalistes syriens, qui, encore un coup, appartiennent à toutes les confessions, ont accueilli, comme de précieux auxiliaires, les serviteurs d’une autre cause que la leur, c’est que ceux-ci sont capables et de fournir d’importants subsides à l’insurrection, et d’organiser, auprès des populations, une très ardente, une très utile propagande antieuropéenne, antifrançaise.

Mais ils ont conservé toute leur liberté d’action. Ils ne tendent que vers un but strictement national : donner au mandat les formes d’un traité qui, passé entre la France et la Syrie, fixerait pour trente ans les relations, les droits et les obligations réciproques des deux nations.

Ce traité, s’inspirant de celui conclu entre la Grande-Bretagne et l’Irak, réserverait à la France l’influence politique et la priorité économique sans porter atteinte à la souveraineté nationale de la Syrie.

Ils entendent réaliser l’unité syrienne, créer une armée nationale de façon à permettre aux troupes françaises l’évacuation progressive du pays et demander l’admission de celui-ci à la S. D. N. ainsi que le droit de représentation extérieure analogue à celui concédé à l’Irak[20].

[20] Après avoir étudié avec une parfaite lucidité et la plus honnête objectivité le problème syrien, M. Henry de Jouvenel, le premier de tous les Hauts-Commissaires, comprit quelle orientation il fallait donner à la politique française.

Mais son trop court séjour en Syrie (décembre 1925-mai 1926) ne lui permit pas de réaliser son programme qui se rapprochait sensiblement de celui que nous venons d’indiquer.

Le Quai d’Orsay a-t-il admis d’aussi sages conceptions ? M. Ponsot a-t-il été invité à réaliser ce que son prédécesseur avait si bien préparé ?

Ou, au contraire, lui a-t-on donné pour mission de revenir aux errements anciens ?