On le voudrait savoir.
Car, dans le premier cas, nous pourrions, sans abandonner aucune des prérogatives de la France, espérer la pacification de la Syrie. Dans le second, il nous faudrait nous préparer à poursuivre la guerre…
C’est pour nous faire admettre leurs revendications qu’ils combattent, acceptent toutes les collaborations qui s’offrent à eux, celle des panislamiques, du Comité syro-palestinien et des mercenaires que celui-ci a lancés contre nous : Druses de Soltan-el-Attrache et Arabes recrutés par les chefs de bandes professionnels.
Il sied de faire une place à part à ces Syriens qui admettent que nous soyons leurs alliés, leurs conseillers, mais ne veulent pas de nous comme maîtres. Il ne faut point les confondre avec les ambitieux, les aventuriers, les faméliques, les gens prêts à toutes besognes groupés autour de l’extravagant néo-prince du Caire et dont le patriotisme est aussi sujet à caution que la moralité. Antimandataires farouches, certes et capables d’employer contre nous les armes les plus redoutables, ils ne sont pas méprisables. Ils luttent pour une idée, l’Idée syrienne. Et si quelques-unes de leurs revendications sont excessives, mal justifiées, du moins en est-il dont nous ne saurions, sans mauvaise foi, contester la légitimité.
CARTE DES ÉTATS DU LEVANT PLACÉS SOUS LE MANDAT FRANÇAIS
Communiqué par « Excelsior »
IX
Examen de conscience
Quels sont les devoirs et les droits d’une puissance mandataire ? Comment celle-ci doit-elle concevoir la mission qu’elle tient de la Société des Nations ?
Parlant devant la Chambre des Députés, au cours de la discussion relative aux événements qui se produisirent en Syrie, alors que Sarrail y représentait la République, M. Aristide Briand déclarait qu’en somme la seule expérience permettrait de répondre à ces questions et de trouver la définition du mandat.