On peut, on doit tenir pour certain que ce conflit prendra fin seulement lorsque cette injustice sera réparée. Les Syriens cesseront de pactiser avec nos ennemis de l’extérieur, nos véritables ennemis, à condition que nous donnions à leur pays un débouché sur la mer et lui rendions les territoires sans lesquels il ne saurait vivre.
Est-il dans notre possibilité de les satisfaire ?
Hélas ! les choses ne sont pas si faciles.
Les chrétiens — ils estiment que possession vaut titre — ne se laisseraient point faire. A leur tour, ils crieraient à la spoliation. Ils ameuteraient le monde.
Ils crient déjà !
Eh oui ! Ils comprennent bien, malgré la passion qui les anime, qu’ils furent favorisés au mépris de toute équité. Ils comprennent bien que tout Français de bonne foi, étudiant objectivement le problème syrien, arrive inéluctablement à concevoir que ce problème pourra être résolu seulement lorsque l’Unité syrienne sera réalisée.
Et ils n’ignorent pas que, durant les pourparlers que nos représentants officiels ont avec les hommes politiques syriens, il est toujours, il est avant tout, question de ces éventuelles, de ces indispensables modifications territoriales.
Il faut lire leurs journaux chaque fois que, pour trouver, s’il se peut, un terrain d’entente entre les partis, une conversation de cette nature intervient. Sur quel ton ils s’expriment ! Avec quelle force, quelle autorité, ils somment le Haut-Commissaire de la République de proclamer solennellement l’intangibilité des frontières du Grand Liban !
Leurs prêtres, inspirateurs de ces ultimatums, s’agitent, multiplient les démarches, écrivent à leurs amis d’Occident. Et dans sa résidence de la montagne, le vénérable Patriarche des Maronites, Sa Béatitude Mgr Hoyek, se tient prêt à lancer l’anathème :
« Le mandat s’appuiera sur la communauté maronite ou ne sera pas », répète-t-il.