Les secours que la société envoie ont, sur ceux qui proviennent d'initiatives particulières, cette supériorité très grande d'être toujours égaux pour des infortunes égales, de n'exciter aucun sentiment de jalousie entre les familles que le malheur a frappées.
Mais ces secours sont malheureusement bien inférieurs à ceux que j'ai été assez heureux pour apporter aujourd'hui à Paimpol: ils sont très insuffisants parfois—car l'action de la société s'étend sans distinction sur toutes nos côtes, depuis la Méditerranée jusqu'à la Manche, et ils sont nombreux, hélas! les marins qui disparaissent tous les ans. Il faudrait encore à M. de Courcy beaucoup de legs, beaucoup de dons, et je voudrais savoir parler de son œuvre excellente avec des mots assez touchants pour lui en attirer quelques-uns.
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Grâce aux renseignements recueillis avec tant de soin par M. le commissaire de la marine, nous avons pu calculer les parts, d'une façon assez équitable, en tenant compte des sommes déjà données par M. de Courcy et en tenant compte surtout de la quantité d'enfants dans chaque famille (y compris les bébés attendus, qui étaient nombreux).
J'ai cru devoir secourir aussi les parents âgés, qui avaient perdu leur soutien dans la personne d'un fils.
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Sur l'état que nous avions préparé, celles qui savaient un peu écrire émargeaient en face de leur nom. Pour les autres qui ne savaient pas (les plus nombreuses), les maires présents signaient comme témoins.
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A Pors-Even et à Ploubazlanec, où je suis allé le soir, après la distribution terminée, pour voir des amis pêcheurs qui habitent par là-bas, j'ai reçu bien des poignées de main, des remerciements, des bénédictions. Je voudrais pouvoir envoyer aux souscripteurs un peu de tout cela, qui était si franc, si rude et si bon.
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