NOTE DE PLUMKETT
Loti écrivit à Rarahu une longue lettre, dans laquelle il exprimait en langue tahitienne son grand amour pour sa petite amie. -- Il racontait, d'une manière intelligible pour elle, au moyen d'expression et d'images particulières, sa traversée de six mois sur le Rendeer; la tempête du cap Horn, qui avait mis son navire en danger, et lui avait enlevé beaucoup de ses caisses remplies de souvenirs d'Océanie. -- Et puis il lui parlait de son retour au foyer, de son pays et de sa mère, -- et lui disait que, malgré ces douces choses, il rêvait de revenir encore dans le Grand-Océan, pour y retrouver son île bien-aimée et sa petite épouse sauvage.
V
RARAHU A LOTI (Un an après.)
Papeete, le 3 décembre 1874.
O mon petit ami chéri, ô mon cher objet de ma peine, je te salue par le vrai Dieu.
Je suis bien péniblement étonnée de ne pas recevoir de lettre de toi, parce que voilà cinq fois que je t'ai écrit, et jamais un mot de toi ne m'est encore parvenu.
Peut-être arrive-t-il que tu ne te souviens plus de moi, voici je vois que mes lettres t'ont été envoyées, jamais tu ne m'en as informée.
Cher objet de ma peine, pourquoi m'oublies-tu?
Jamais maintenant je ne serai bien, la maladie, la douleur... Mais si tu m'écrivais un peu, cela réchaufferait mon coeur, mais jamais tu ne penses à cela.