À vrai dire, je n'en avais jamais vu; mais des oncles à moi, qui avaient habité dans leur compagnie, m'en avaient beaucoup parlé. Et j'étais ravi de faire une première connaissance avec ces bêtes, qui sont spéciales aux pays chauds et aux navires...

LXI

Le printemps! Le printemps!

Sur les murs de ma cour, les rosiers blancs étaient fleuris, les jasmins étaient fleuris, les chèvrefeuilles retombaient en longues guirlandes, délicieusement odorantes.

Je recommençais à vivre là du matin au soir, dans l'intimité des plantes et des vieilles pierres, écoutant le jet d'eau bruire à l'ombre du grand prunier, examinant les graminées et les mousses des bois égarées sur les bords de mon bassin, et, du côté ardent, où donnait tout le jour le soleil, comptant les boutons des cactus.

Les départs du mercredi soir pour la Limoise étaient aussi recommencés,—et j'en rêvais, cela va sans dire, d'une semaine à l'autre, au grand détriment des leçons et des devoirs.

LXII

Je crois que le printemps de cette année-là fut vraiment le plus radieux, le plus grisant des printemps de mon enfance, par contraste sans doute avec le si pénible hiver pendant lequel avait tout le temps sévi le Grand-Singe.

Oh! la fin de mai, les hauts foins, puis les fauchages de juin! Dans quelle lumière d'or je revois tout cela!

Les promenades du soir, avec mon père et ma sœur, se continuaient comme dans mes premières années; ils venaient maintenant m'attendre à la sortie du collège, à quatre heures et demie et nous partions directement pour les champs. Notre prédilection, ce printemps-là, se maintint pour certaines prairies pleines d'amourettes roses; et au retour je rapportais toujours des gerbes de ces fleurs.