Le moment est donc venu pour Yves—qui, lui, ne remettra plus les pieds à terre,—de faire ses grands adieux aux mousmés ses amies.
Or, je suis très curieux de cette séparation d'Yves et de Chrysanthème; j'écoute de toutes mes oreilles, je regarde de tous mes yeux:—cela se passe de la manière la plus simple et la plus tranquille; rien de ce déchirement qui sera inévitable entre madame Prune et moi; chez ma mousmé, je remarque même un détachement, une désinvolture qui me confondent; vraiment, je ne comprends plus.
Et je songe en moi-même, tout en continuant de descendre vers la mer: «Ce semblant de tristesse chez elle, ce n'était donc pas pour Yves.... Pour qui, alors?...» Puis cette petite phrase me repasse en tête:
«Reviens demain avant l'appareillage me dire adieu; je ne retournerai chez ma mère que le soir; tu me trouveras encore là-haut...»
Ce Japon est bien délicieux, cette nuit, bien frais, bien suave, et cette Chrysanthème était très mignonne tout à l'heure, me reconduisant en silence dans ce chemin....
Il est deux heures environ quand nous arrivons à la Triomphante, dans un sampan de louage que j'ai rempli de mes caisses, à couler bas. L'ami très haut me remet le service que je dois garder jusqu'à quatre heures, et les matelots de quart, mal éveillés, font la chaîne, dans l'obscurité, pour monter à bord tout ce fragile bagage....
[LII]
18 septembre.
J'avais mis dans mes projets de dormir tard ce matin, pour rattraper mon sommeil perdu de la nuit.