»Tous les Européens que nous avions connus là-bas sont partis.
»La petite Pomaré est morte et cela a été une grande consternation dans tout le pays; les Tahitiens se sont coupé les cheveux en signe de deuil, les himénés et les cérémonies funèbres ont duré quatre jours, tous les Indiens des îles voisines sont venus y assister. La vieille reine Pomaré s'est fait bâtir une case près du tombeau de sa petite-fille et s'y tient constamment enfermée.
»Hier, j'ai été voir la pauvre Emma que j'ai trouvée seule. Elle m'a chanté la Valse des feuilles et ce morceau à demi-voix des Yeux noirs qu'elle disait n'avoir pas voulu chanter depuis ton départ de Cherbourg; cela nous a vivement rappelé cette époque de notre vie et peu s'en est fallu qu'elle ne terminât son chant par des larmes... Je ne sais trop que penser d'elle, ni comment la juger, mais je crois que c'est mon devoir de conserver avec elle des relations d'amitié.»
[DU MÊME AU MÊME]
Rochefort, 5 juillet 1873.
«Frère chéri,
»Grâce à M. de Ségur, que j'aime déjà beaucoup, je vais te rejoindre bientôt au Sénégal. J'ai l'ordre officiel d'embarquer sur le Pétrel; les moyens de transport seront fixés prochainement par une seconde dépêche ministérielle.»
[LETTRE DE PIERRE LOTI
A SA SŒUR MARIE]
Dakar, dimanche 3 octobre 1873.
«Bonne petite sœur,