»Ma fille chérie ne viendra pas de sitôt, et cette année, le beau jour de Noël se passera pour moi sans aucun de vous... Mais que vous soyez, mes enfants bien-aimés, présents ou absents, je puis prier pour vous, c'est là ma consolation.

»Je t'embrasse, mon cher petit, avec mon cœur de mère.

»NADINE.»

[LETTRE DE LA SŒUR DE PIERRE LOTI]

Fontbruant, 27 mars 1877.

«Cher petit frère,

»Je pense à toi à chaque instant du jour. Je prends part à toutes tes peines; je sais et je comprends que tu dois souffrir; j'ai plusieurs fois versé des larmes sur l'histoire d'Aziyadé, car j'imagine qu'elle est vraie dans tous ses détails; la pauvre enfant n'est pas responsable des fautes qu'elle commet, mais toi tu l'es, et la force te manque... C'est ainsi qu'arrive tout naturellement à ton imagination la grande idée turque de la fatalité... Il y a bien quelque chose de fatal dans les faits; mais nous devons être capables de les modifier et de repousser les tentations... Le modèle de pureté, le principe chrétien incontestable plane toujours au-dessus de tout cela... La grâce de Dieu éclaire et purifie tout; elle empêche aussi de désespérer de quoi que ce soit de bon et de noble et de grand... Que notre bon Dieu te conduise, cher petit frère; tu as quelquefois tourné tes regards vers lui, depuis quelque temps. Tu le regarderas plus encore... Adieu et mille baisers.

»MARIE.»

Rochefort, novembre 1877.

... C'était un soir de février 1877, dans la rue Sultan-Sélim, sur la hauteur de Stamboul...