Per gli occhi passa, come fa lo trono,
Che fer per la finestra della torre,
E ciò che dentro trova spezza e fende.Rimango come statua d'ottono,
Ove vita nè spirto non ricorre,
Se non che la figura d'uomo rende.
Viso di neve colorato in grana.
Come lo trono che fere lo muro,
E il vento gli albor per li forti tratti:
Dice lo core agli occhi, per voi moro:
Gli occhi dicono al cor, tu n'hai disfatti.
Ce poëte conserve dans ses canzoni le même goût pour les comparaisons. Il y en a une qui commence ainsi: «Dans ces régions placées sous l'étoile du nord se trouvent les montagnes d'aimant qui donnent à l'air la propriété d'attirer le fer; mais parce que cet aimant est éloigné, il a besoin du secours d'une pierre de même nature pour le faire agir et diriger l'aiguille vers l'étoile polaire. Vous, madame, vous possédez les sources fécondes de toutes les qualités qui peuvent inspirer l'amour, et l'éloignement n'en détruit pas la force; car elles agissent de loin et sans secours [652]». Ce n'est là ni de la saine physique ni de la poésie naturelle; mais cela ne laisse pas d'être ingénieux, et l'on est surtout frappé, en lisant le texte italien, du progrès qu'avait déjà fait cette langue, née depuis moins d'un siècle, et à qui il fallait moins de temps encore pour se perfectionner et se fixer.
In quelle parti sotto tramontana
Sono li monti della calamita,
Che dan virtute all' aere [D]
Di trarre il ferro; ma perchè lontana,
Vole di simil pietra aver aita,
A far la adoperare,
E dirizzar lo ago in ver la stella.
Ma voi pur sete quella
Che possedete i monti del valore [E]
Onde si spande amore:
E già per lontananza non è vano,
Che senza aita adopera lontano.
[Note D: ][ (retour) ] On prononçait âre.
[Note E: ][ (retour) ] Mot à mot: C'est vous qui possédez les montagnes du mérite. Cela serait ridicule en français; mais cela marque mieux le rapport bizarre exprimé par cette comparaison.
Mais ce qui nous est resté de meilleur de Guinizelli est une autre de ses canzoni, dont je ne puis me dispenser de citer les quatre premières strophes [653]. «C'est toujours dans un noble cœur que se réfugie l'amour, comme dans une forêt un oiseau, se réfugie sous la verdure [654]. La nature ne créa point l'amour avant un cœur noble, ni de cœur noble avant l'amour, c'est ainsi qu'aussitôt que le soleil exista, aussitôt resplendit la lumière, et qu'elle ne fut point avant le soleil; l'amour prend naissance dans la noblesse du cœur, précisément comme la chaleur dans la clarté du feu.
[Note 653: ][ (retour) ] C'est celle qui se trouve dans le neuvième livre du Recueil de Giunti.
Al cor gentil ripara sempre amore
Si come augello in selva a la verdura:
Non fe amore anzi che gentil core
Ne gentil core anzi ch' amor, natura.
Ch' adesso com' fu'l sole
Si tosto lo splendore fue lucente;
Nè fue davanti al' sole:
E prende amore in gentillezza luoco,
Cosi propiamente
Com' il calore in clarità del foco.
Fuoco d'amore in gentil cor s'apprende
Come vertute in pietra preziosa;
Che da la stella valor non discende
Anzi che'l sol la faccia gentil cosa, etc.