[Note 278: ][ (retour) ] Liber Sententiarum.
[Note 279: ][ (retour) ] Liv. I, sect. 4.
[Note 280: ][ (retour) ] An volens vel nolens sit Deus, ibid. sect. 6.
[Note 281: ][ (retour) ] Liv. III, sect. 12.
[Note 282: ][ (retour) ] Tom. V.
[Note 283: ][ (retour) ] Piemontesi illustri, t. I.
Nous ne mettrons pas sans doute assez d'importance à Pierre-le-Mangeur, autre théologien fameux de ce siècle, et auteur d'une mauvaise histoire ecclésiastique, pour examiner s'il était Français, et né à Troyes, ou s'il était Toscan, comme le veut un savant Italien [284]. Si son nom de Manducator, plus élégamment changé dans la suite en celui de Comestor, et l'ancienne existence à San-Miniato, en Toscane, d'une famille de Mangiatori, sont les seules raisons de l'enlever à la France, elles sont faibles; mais son livre, où il a mêlé en très-mauvais style, aux récits de la Bible les explications des interprètes et des commentateurs, les opinions des théologiens et des philosophes, des citations de Platon, d'Aristote, de Josephe, des traits de l'histoire profane, et des fables dignes des chroniques les plus discréditées, doit ôter toute envie d'entrer dans cette discussion. Il n'y en a point sur la patrie de Leudalde ou Leudolphe, qui enseigna aussi la théologie en France. On convient qu'il était Lombard, et de la ville de Novare. Enfin Bernard de Pise, qui professa la même science à Paris, avec quelque célébrité, était né dans la ville dont il porte le nom. Tout cela, il en faut convenir, importe assez peu aujourd'hui à la gloire littéraire de Pise, de Novare et de Paris.
[Note 284: ][ (retour) ] Le P. Sarti, dans son ouvrage déjà cité, de Cl. Prof. Bon.
Ce n'est pas un théologien mais un philosophe, un savant en grec et en arabe que l'Italie fournit alors à l'Espagne. Gherardo était de Crémone. Plusieurs livres de philosophie et de mathématiques qu'il traduisit de l'arabe, portant le nom de sa patrie avec le sien. Sur d'autres on lit Carmonensis, au lieu de Cremonensis. De-là quelques Espagnols [285] ont prétendu qu'il était de Carmone en Espagne, et non de Crémone en Italie. Des Italiens même ont été de cet avis [286]. Mais Tiraboschi, appuyé de Muratori, a rendu à Crémone la gloire qui peut lui revenir d'avoir donné naissance à Gherardo [287]. Ce savant s'était senti dès sa jeunesse un attrait particulier pour traduire du grec en latin des livres de philosophie et de mathématiques. Mais ces livres étaient rares en Italie. Il sut que les Arabes d'Espagne en avaient un grand nombre traduits en leur langue. C'est ce qui le fit partir pour Tolède, où il se fixa. Il y apprit l'arabe, et se mit aussitôt à traduire les œuvres d'Avicenne, puis des traductions arabes de livres grecs, dont les originaux n'existent plus; l'Almageste de Ptolomée et plusieurs autres. On n'en compte pas moins de soixante-seize traduits par cet homme laborieux. Quelques uns ont été imprimés: d'autres sont en manuscrit dans les bibliothèques de France et d'Espagne, mais une partie, consistant surtout en livres d'astronomie et de médecine, doit être attribuée à un second Gherardo, qui vécut un siècle plus tard, et qui était aussi de Crémone [288].
[Note 285: ][ (retour) ] Nicol. Antoine, Bibl. Hisp. vet. t. II, p. 263, etc.