[Note 516: ][ (retour) ] Peyrols d'Auvergne; Millot, t. I, p. 322.
[Note 517: ][ (retour) ] Austan d'Orlach, qui n'est connu que par cette pièce; Millot, t. II, p. 430.
[Note 518: ][ (retour) ] Millot, t. II, p. 240.
[Note 519: ][ (retour) ] Ibid., p. 133.
[Note 520: ][ (retour) ] Millot, t. II, p. 135.
Cette folie des croisades d'outre-mer fut souvent l'objet de leurs chants, et la croisade barbare contre les malheureux Albigeois, dont ils voyoient sous leurs yeux les horreurs, fut celui de leurs satires. Ils ne ménagent ni les guerriers qui massacraient des populations entières par ordre d'un pontife, ni les inquisiteurs qui livraient aux bûchers ce que le fer avait épargné, ni les moines, ni le clergé leurs complices, ni les papes moteurs intéressés et politiques de ce carnage religieux. La liberté de leurs expressions passe tout ce qu'on s'est permis dans des siècles à qui l'on fait un grand reproche de n'avoir pas respecté des superstitions sanguinaires. Mais ces horreurs eurent aussi parmi eux des apologistes. Il se trouva des Troubadours qui ne rougirent point de les chanter. Folquet de Marseille fit plus [521], il ne chanta point la croisade; il la suscita, la soutint, en attisa en quelque sorte les bûchers et les fureurs. Folquet avait dans sa jeunesse aimé, rimé, mené une vie errante et adonnée au plaisir, comme les Troubadours ses confrères. Sa tête ardente avait passé subitement à d'autres extrémités. Devenu moine de Citeaux, bientôt abbé, et peu de temps après évêque de Toulouse dès qu'il vit la persécution et la proscription s'élever contre les Albigeois et contre le comte de Toulouse, il se joignit aux persécuteurs. Il servit de son influence, de ses conseils, de ses prédications violentes les croisés et leur chef, le trop fameux comte de Montfort. Après avoir vaincu par les armes du fanatisme le comte son seigneur, dans Toulouse même, capitale de ses états, il alla présenter au pape le fondateur des Dominicains et de l'Inquisition, qu'il établit solidement dans son diocèse, et qui y a régné si long-temps. Perdigon, simple Troubadour, élevé par son talent à la dignité de chevalier et à la fortune [522], le déshonora par la part qu'il prit aux intrigues et aux violences de Folquet. Il chanta même la défaite et la mort du roi d'Arragon son bienfaiteur, défenseur du comte Raimond, à la bataille de Muret [523]. Vers la fin du même siècle, lorsque les bûchers étaient éteints, l'imagination d'un comte de Foix [524] les rallumait encore, et en menaçait tous ceux qui se renommeraient de l'Arragon. «Leurs cendres, disait-il, seront jetées au vent, leurs âmes envoyées en enfer».
[Note 521: ][ (retour) ] Millot, t. I, p. 179 et suiv.
[Note 522: ][ (retour) ] Millot, t. I, p. 428.
[Note 523: ][ (retour) ] En 1213.
[Note 524: ][ (retour) ] Roger Bernard III; Millot, t. II, p. 472.