Jugulum Philomela resolvit. (Métam., lib. VI.)
Et quand Térée eut fait cet horrible repas, ce fut encore elle qui mit sous les yeux du père la tête sanglante de son fils:
Ityosque caput Philomela cruentam
C'est elle cependant qui passe le plus généralement pour avoir été changée en rossignol; et quand on parle des causes de sa métamorphose, on ne cite que son malheur, et l'on ne dit rien de cette vengeance barbare. Mais tous les auteurs ne sont pas d'accord au sujet de ces deux sœurs. Il y en a qui prétendent que Philomèle fut changée en hirondelle et Progné en rossignol. De ce nombre sont Probus, sur la sixième églogue de Virgile, Libanius, voy. Excerpta Grœcorum sophistarum ac rhetorum Leonis Allatii, Narrat. 12; et Strabon, cité par Natalis Comes, ou Noel Conti, Mythol., lib. VII, c. 10. C'est leur autorité que Dante paraît avoir suivie; ce qui le prouve, c'est que plus haut, dans le neuvième chant, il dit que vers le matin l'hirondelle commence ses tristes plaintes, peut être au souvenir des ses anciens malheurs. Voy. ci-dessus, p. 187.
Nell' ora che comincia i tristi lai
La rondinella presso alla matina,
Forse a memoria de' suoi primi guai.
(Purg., c. 9, v. 13.)
[Page 239, ligne 23].--«Mais la fin du siècle ne s'écoulera pas, que la fortune changeant le cours des vents, etc.» La plupart des interprètes entendent ici que Dante met son espérance dans l'arrivée de l'empereur Henri VII en Italie; mais Lombardi croit qu'il désigne plutôt Can Grande della Scala, annoncé dès le premier chant de l'Enfer, comme celui qui devait ramener l'ordre et le bonheur sur la terre; c'est-à-dire, faire triompher le parti Gibelin, dont il venait d'être nommé chef.
[Page 265, lig. 23.]--«Mais il est temps de quitter le Dante.» Au lieu de cette fin du chapitre X, j'avais d'abord mis la suivante, que j'aurais peut-être mieux fait d'y laisser: «Le travail long et pénible que j'ai entrepris sur le plus célèbre et le moins connu des poëtes italiens, atteindra-t-il le but que je me suis proposé? J'ai voulu qu'il laissât dans l'esprit une idée nette du plan général de son poëme et de l'exécution de ce plan dans toutes ses parties. J'ai voulu que l'on pût suivre avec moi la marche de ce génie extraordinaire, et qu'il restât, après avoir lu ce que je dirais de lui, une notion claire et précise, au lieu de ces notions vagues et confuses qui en existent, non seulement en France, mais même en Italie. La difficulté de ce travail, qu'on n'avait encore tenté dans aucune langue, ne peut être sentie que de ceux à qui Dante est connu dans la sienne. Mais il en est de la difficulté comme du temps; elle ne fait rien à l'affaire. J'aurais pu m'épargner beaucoup de peine, et réduire infiniment cette analyse; j'aurais mieux satisfait mon goût, j'aurais peut-être plu davantage, mais j'aurais été moins utile. On aurait su ce que je pense sur Dante; on n'aurait eu aucun moyen de plus de savoir ce qu'on en doit penser. Le vague et la confusion dans les idées qu'on s'en forme et dans les jugements qu'on en porte, seraient restés les mêmes. C'est ce que je n'ai pas voulu; et, j'ose le dire, c'est ce qui en effet ne sera pas, si l'on veut lire avec quelque attention cette partie de mon ouvrage, celle de toutes, sans nulle comparaison, que j'ai le plus soignée, et si j'ai réussi à y mettre autant de clarté que j'ai eu d'amour du vrai, d'application, de patience et de zèle.»
[Page 328, addition à la note 470.]--Ce qui m'étonne plus que tout le reste, c'est que M. l'abbé Ciampi, qui; dans ses Memorie della Vita di messer Cino, etc., Pise, 1808, indique un grand nombre de vers de ce poëte, ou imités, ou même pris tout entiers par Pétrarque; lui qui dit positivement, qu'à chaque pas on rencontre dans les poésies de Cino, les mouvements de Pétrarque, le masse Petrarchesche, et qui en cite plusieurs exemples, ne dit rien, ni de ce sonnet de Cino, ni de cette canzone de Pétrarque. (Voyez Memor. della Vita, etc., p. 95 à 98.) Cet auteur attribue à Cino, p. 26 de ces mêmes Mémoires, la canzone: Ohimè lasso quelle treccie bionde, que Pilli a insérée dans son édition des Poésies de Cino, mais qui passe pour être du Dante, et qui est aussi imprimée dans ses Œuvres. Il appuie avec beaucoup de raison, selon moi, son opinion sur les vers suivants qui terminent la dernière strophe:
Ohimè vasel compiuta
Di ben sopra natura,
Per volta di ventura [721]
Condotto fosti suso gli aspri monti,
Dove t'ha chiuso, ahimè, tra durisas.
La morte, che due fonti
Fatte ha di lagrimar gli occhi miei lassi.