La vostra nominanza è colar d'erba,
Che viene e va, e quei la discolora
Per cui ell'esce della terra acerba
.

[Note 206: ][ (retour) ] C'est-à-dire, que Guido Cavalcanti surpasse Guido Guinizzelli.

[Note 207: ][ (retour) ] Quelques interprètes ont pensé que Dante se désigne ici lui-même; et si ce mouvement d'orgueil poétique est déplacé dans un moment où il peint la punition de l'orgueil, il n'est pas tout-à-fait étranger à son caractère. Lombardi me paraît cependant observer avec raison, qu'alors le poëte aurait dit: Il en est maintenant né un qui peut-être les surpassera tous deux; mais qu'ayant dit: Il est peut-être né un, etc.:

E forse è nato chi l'uno e l'altro
Caccerà del nido
,

il est probable qu'il n'a parlé qu'en général, et en se fondant uniquement sur le cours habituel des vicissitudes humaines.

Quelle comparaison juste et mélancolique! quel beau langage et quels vers! Homère lui-même, n'est pas au-dessus de notre poëte, lorsqu'il compare les générations des hommes aux générations des feuilles qui jonchent la terre en automne.

Le Dante, en se courbant vers cette ombre pour la mieux entendre [208], aperçoit des figures gravées sur le pavé de marbre; elles retracent aux yeux d'anciens exemples d'orgueil puni. Le poëte s'abandonne ici plus que jamais à son goût pour les mélanges de la fable avec l'histoire, et du sacré avec le profane. Ces figures gravées représentent Lucifer et Briarée; Apollon, Minerve et Mars autour de Jupiter, qui vient de foudroyer les géants; Nembrod et ses ouvriers, encore interdits de la confusion des langues; Niobé et les corps inanimés de ses enfants; Saül, qui se tua sur les monts Gelboë, Arachné, à demi-changée en araignée; Roboam, au moment où ses sujets le précipitent de son char; Alcméon qui tue sa mère, et Sennachérib tué par ses enfants; Thomiris plongeant dans le sang la tête de Cyrus; les Assyriens fuyant après la mort d'Holopherne; et enfin l'incendie de l'orgueilleuse Troie.

[Note 208: ][ (retour) ] C. XII.

Un ange apparaît aux deux voyageurs. Sa robe était blanche et sa face brillait comme l'étoile étincelante du matin: il ouvre les bras, ensuite les ailes, et leur dit de le suivre par le chemin qui conduit au second cercle du Purgatoire. Ils entendent, en y montant, chanter un psaume, avec des voix dont la parole humaine ne saurait exprimer la douceur. «Ah! s'écrie le poëte, que ces routes sont différentes de celles de l'Enfer! on entre ici au milieu des chants, et là bas au milieu de lamentations horribles.» Ils arrivent cependant au second cercle, où sont purifiés les envieux [209]. Là, il n'y a ni statues ni gravures; le mur et le pavé sont unis et d'une couleur livide; les ombres y sont couvertes de manteaux à peu près de la même couleur, et vêtues en dessous d'un vil silice. Elles sont appuyées la tête de l'une sur l'épaule de l'autre; et toutes le sont contre le bord intérieur du cercle, comme de malheureux aveugles qui mendient à la porte des églises, et tâchent par une attitude pareille d'exciter la pitié. Une de leurs peines est de n'entendre retentir dans l'air autour d'elles que des chants et des paroles de charité, sentiment si discordant avec le péché qu'elles expient. Le soleil leur refuse sa lumière, leurs paupières sont fermées et comme cousues par un fil de fer. Le temps a rendu peu intéressantes pour nous les rencontres que les deux poëtes font dans ce cercle, et les discours de ces ombres, dont les noms sont pour la plupart inconnus aujourd'hui, n'ont rien de remarquable qu'une diatribe contre les Toscans [210], dans laquelle, en suivant le cours de l'Arno depuis sa source jusqu'aux lieux où il s'élargit, grossi par plusieurs rivières, l'ombre d'un certain Guido del Duca, de la petite ville de Brettinoro dans la Romagne, caractérise, sous l'emblème d'animaux vils et malfaisants, les habitants du Casentin, d'Arezzo et de Florence.

[Note 209: ][ (retour) ] C. XIII.

[Note 210: ][ (retour) ] C. XIV.