[Note 229: ][ (retour) ] C. XXII.
[Note 230: ][ (retour) ] Inferno, c. VII. Voy. ci-dessus, pag. 55 et 56.
Quid non mortalia pectora cogis,
Auri sacra fames? (Æneid., t. III. v. 56.)
[Note 232: ][ (retour) ] Allusion à ces vers célèbres de la IVe. églogue de Virgile:
Magnus ab integro sœclorum nascitur ordo;
Jam redit et Virgo, redeunt Saturnia regna:
Jam nova progenies cœlo demittitur alto.
[Note 233: ][ (retour) ] Depuis l'an 96 de notre ère, époque de la mort de Stace, jusqu'à l'an 1300, où Dante a placé celle de sa vision, il s'était écoulé douze siècles et quatre ans. Stace a dit plus haut, c. xxi, v. 67, qu'il a passé cinq siècles et plus dans le cercle des avares: il en avait passé plus de quatre dans celui des paresseux, ce ne sont en tout qu'à peu près mille ans, passés dans ces deux cercles; les deux autres siècles s'étaient écoulés, selon le P. Lombardi, dans les lieux qui précédent les cercles du Purgatoire.
Stace apprend à son tour de Virgile, qu'il interroge, ce que sont devenus Térence, Plaute et tous les autres poëtes latins célèbres. Ils sont, comme on doit se le rappeler, avec Virgile lui-même, et les plus fameux poëtes grecs, dans ces limbes où sont aussi les héros et les héroïnes [234]. Cependant les trois poëtes montaient au sixième cercle. Stace et Virgile marchaient les premiers: Dante les suivait en écoutant leurs discours, qui lui révélaient, dit-il, les secrets de l'art des vers [235]. Un arbre mystérieux se présente au milieu du chemin, interrompt leur conversation, et arrête leurs pas. Il est chargé de fruits doux et odorants; sa forme est pyramidale, mais c'est en bas qu'est la pointe de la pyramide que forment ses rameaux; sans doute, dit notre poëte, pour que personne n'y puisse monter. Un ruisseau limpide qui se précipite du haut du rocher barre la route, et coule au pied de l'arbre, après en avoir arrosé les feuilles. De cet arbre sort une voix qui célèbre d'anciens exemples d'abstinence et de sobriété tirés, selon la coutume du Dante, de l'histoire profane, de l'ancien Testament et du nouveau. Des ombres maigres et livides [236]] errent alentour, sans pouvoir en approcher; l'aspect et l'odeur des fruits, la fraîcheur du ruisseau, font naître en elles une faim et une soif dévorantes qu'elles ne peuvent satisfaire; et c'est ainsi que dans ce cercle les gourmands expient leur péché.
[Note 234: ][ (retour) ] Inferno, c. IV. Voy. ci-dessus, pag. 39-42.
[Note 235: ][ (retour) ] Ch'a poetar mi davano intelletto.
[Note 236: ][ (retour) ] C. XXIII.
Dante reconnaît parmi eux Forèse [237], un de ses amis, dont la mort lui avait coûté des larmes. Forèse doit à Nella son épouse d'être admis dans le séjour des expiations, au lieu d'être plongé dans celui des éternels supplices. L'éloge qu'il fait de sa chère Nella amène une sortie peu mesurée de ce Florentin contre les dames de Florence et contre les modes, très-anciennes à ce qu'il paraît, mais qui de temps en temps redeviennent nouvelles. «Ma Nella que j'ai tant aimée, dit-il, est d'autant plus agréable à Dieu qu'elle trouve moins de femmes qui lui ressemblent. Dans les lieux sauvages de la Sardaigne, où les femmes vont sans vêtement, elles ont plus de pudeur que dans ceux où je l'ai laissée. O mon frère! que veux-tu que je te dise? Je vois dans un avenir prochain un temps où l'on défendra en chaire aux dames effrontées de Florence de se montrer le sein tout découvert. Quelles femmes barbares eurent jamais besoin qu'on eût recours à des peines spirituelles ou à d'autres censures pour les contraindre à se couvrir [238]?» Peut-être cette réprimande est-elle un peu trop dure; elle ne vient pourtant pas d'un cénobite, ni d'un ennemi du sexe à qui elle peut déplaire. L'âme sensible du Dante est aussi connue que son génie, et les femmes auraient beaucoup à gagner si elles trouvaient souvent parmi les hommes de pareils ennemis; mais plus on est capable de les aimer, plus on les respecte, et plus on aime aussi qu'elles se respectent elles-mêmes.