[Note 371: ][ (retour) ] Voy. Carlo Cesare Malvasia, Felsina Pittrice.
[Note 372: ][ (retour) ] Voy. Carlo Ridolfi, le Maraviglie dell' arte.
Carent quia vate sacro (Hor.)
Au lieu que Giotto et Cimabué ont été célébrés par le Dante, par Boccace et par d'autres poëtes toscans.
L'architecture prenait à Florence un caractère qu'elle tenait des mœurs du temps, et qui les atteste encore aujourd'hui. La petite ville d'Assise voyait le général [374] d'un ordre mendiant élever un temple magnifique à S. François, son humble et pauvre fondateur. La peinture en mosaïque qui éternise les trop fragiles productions de l'autre peinture, était dérobée aux Grecs, et répandait en Italie des monuments durables dans les palais, dans les temples. On dirait que les papes et les rois de Naples et de Sicile ne voulaient pas être vaincus en magnificence par des républiques: plusieurs des monuments érigés alors dans leurs capitales et dans les autres villes de leurs états, semblent des fruits de cette noble émulation. La poésie et les lettres suivaient, ou même devançaient l'essor des arts: nous avons vu quels avaient été leurs progrès, surtout dans les dernières années de ce siècle, et que lorsqu'il finit, le plus grand poëte du quatorzième et même des siècles suivants, le Dante était déjà parvenu à la moitié de sa carrière. Mais dès le commencement de ce nouveau siècle, l'Italie, après tant de désastres, reçut encore un nouveau coup.
[Note 374: ][ (retour) ] Il se nommait frère Elie. Tiraboschi (ubi suprà) avoue que ce général des capucins oubliait trop tôt l'humilité et la pauvreté du saint fondateur de l'ordre. En effet, S. François était mort il n'y avait qu'un demi-siècle (en 1226.) Mais il y aurait d'autres réflexions à faire sur cet édifice somptueux bâti par des moines à besace, dans le même siècle où on les avait appelés à la pauvreté évangélique.
Philippe-le-Bel, déjà trop vengé de Boniface VIII, poursuivait encore sa vengeance. Il voulait que la mémoire de ce pape fût condamnée; il avait d'autres passions à satisfaire; il voulait surtout abolir l'ordre des Templiers, dont le procès inique et l'horrible supplice souillent ce règne et ce siècle. Il lui fallait, dans un nouveau pape, un instrument qu'il n'avait pas trouvé assez docile dans le sage et prudent Benoît XI. Ce pontife lui donnait même quelques sujets de crainte, lorsqu'il mourut empoisonné, dit Jean Villani, par des cardinaux ses ennemis [375]. Soit que ce crime fût l'effet de leur propre haine, ou qu'ils ne fussent que les instruments de celle du roi [376], Philippe eut tout à souhait, lorsqu'après plus de dix mois de conclave, où son parti et le parti contraire luttèrent à force égale, il réussit à faire élire pape Bertrand de Gotte, archevêque de Bordeaux, qui prit le nom de Clément V, et qu'on appela le pape gascon. Ce pape, qui avait fait auparavant ses conditions avec Philippe [377], resta en France, et après avoir traîné pendant quelques années l'Église errante à sa suite dans la Gascogne et dans le Poitou, dévorant, dit un ancien historien [378], à tort et à travers tout ce qui se trouva sur sa route, ville, cité, abbaye, prieuré, il alla fixer son séjour à Avignon [379], accompagné de ses cardinaux et, selon de graves auteurs, de la comtesse de Périgord, sa maîtresse [380]. L'exemple fatal pour l'Italie, qu'il avait donné de résider hors de son sein, fut suivi par Jean XXII; il le fut encore par cinq autres papes; et cette absence, que tous les auteurs italiens blâment autant qu'ils la déplorent, et qui a conservé long-temps parmi eux le nom de captivité de Babilone, dura près de soixante-six ans.
[Note 375: ][ (retour) ] Ce fut, selon cet historien (liv. VIII, ch. 80), dans des figues, qu'un jeune homme, vêtu en fille, vint lui offrir de la part des religieuses d'un monastère de Pérouse, ville où le fait se passa.
[Note 376: ][ (retour) ] M. Simonde Sismondi, dans son Hist. des Répub. ital. du moyen âge, t. IV, p. 234, cite un historien contemporain qui accuse positivement Philippe-le-Bel de cet empoisonnement. Cet historien est Ferreto de Vicence, dont l'histoire est insérée dans la grande collection de Muratori, Script. rer. Ital., t. IX. Il raconte que le roi séduisit à force d'or, par le moyen du cardinal Napoléon des Ursins et d'un cardinal français, deux écuyers du pape, qui empoisonnèrent des figues-fleurs, et les lui présentèrent.
[Note 377: ][ (retour) ] Villani, ub. supr. raconte avec le plus grand détail et la plus grande naïveté, l'entrevue de Bertrand de Gotte et du roi, dans une forêt près de Bordeaux, les conditions faites entr'eux, et la manière dont Bertrand fut élu pape. Voyez aussi Mosheim, Hist. Eccles., XIVe siècle, part. 2, ch. 2.; Abrégé de l'Hist. Eccles., seconde partie, p. 97, etc.