[Note 470: ][ (retour) ] Il commence par ce vers:

Mille dubbj in un dì, mille querele.

Muratori le cite avec de grands éloges, Perfetta poesia, P. II, p. 273 et suiv.

[Note 471: ][ (retour) ]

Quel antico mio dolce empio signore, etc.

[Note 472: ][ (retour) ] M. Giamb. Corniani est le premier auteur italien qui l'ait faite. (Voy. I secoli della Letteratura italiana, etc., Brescia, 1805, t. I, p. 261.) Et ce qui rend cela plus étonnant, c'est que les Mémoires pour la vie de Pétrarque sont fort connus depuis long-temps en Italie, et que l'abbé de Sade a fait le premier cette remarque, t. I, p. 46, note.

Deux de ces sonnets paraissent avoir été faits lorsque Cino fut revenu de France. En passant l'Apennin, peut-être pour aller à Bologne, il visita le tombeau de Selvaggia. «Jamais, dit-il, dans l'un de ces sonnets adressé au Dante, jamais ni pélerin, ni aucun autre voyageur ne suivit son chemin avec des yeux si tristes et si chargés de douleur que moi, lorsque je passai l'Apennin [473]. J'ai pleuré ce beau visage, ces tresses blondes, ce regard doux et fin, que l'amour remet devant mes yeux, etc.» Il dit, dans l'autre sonnet: «J'allai sur la haute et heureuse montagne, où j'adorai, où je baisai la pierre sacrée [474]; je tombai sur cette pierre, hélas! où l'honnêteté même repose. Elle enferma la source de toutes les vertus, le jour où la dame de mon cœur, naguère remplie de tant de charmes, franchit le cruel passage de la mort. Là, j'invoquai ainsi l'Amour: Dieu bienfaisant, fais que d'ici la mort m'attire à elle, car c'est ici qu'est mon cœur: mais il ne m'entendit pas; je partis en appelant Selvaggia, et je passai les monts avec les accents de la douleur.» Cette douleur ingénieuse, et cependant profonde, intéresse; et quand on pense que le poëte, qui est allé nourrir ses regrets, et donner l'essor à son génie sur ce tombeau, était un grave jurisconsulte, un savant professeur, qui allait peut-être en ce moment mettre le dernier sceau à sa renommée, par son commentaire sur le Code [475], on se sent doublement intéressé par ce mélange de sensibilité, de talent et de science.

[Note 473: ][ (retour) ]

Signore, e' non passò mai peregrino, etc.

(Rime di diversi antichi, etc., réimpr. 1740, p. 340.)

[Note 474: ][ (retour) ]

Io fu' in sull' alto, e'n sul beato monte,
Ove adorai baciando il santo sasso,
etc. (Ibid. p. 164.)

[Note 475: ][ (retour) ] Voyez ci-dessus, p. 296.

Je trouve un autre sonnet de Cino, dont le tour est vif, le sentiment vrai, et l'expression naturelle; il ne serait pas indigne de Pétrarque, si l'auteur, qui s'était imposé la tâche de le faire tout entier sur deux seules rimes, n'y eût pas employé quelques adverbes, et surtout malvagiamente, que Pétrarque, je crois, n'y eût pas mis. Voici le sens du sonnet de Cino: «Homme égaré, qui marches tout pensif, qu'as-tu [476]? quel est le sujet de ta douleur? que vas-tu méditant dans ton âme? pourquoi tant de soupirs et tant de plaintes? Il ne semble pas que tu aies jamais senti aucun des biens que le cœur sent dans la vie. Il paraît au contraire à tes mouvements, à ton air, que tu meurs douloureusement; si tu ne reprends courage, tu tomberas dans un désespoir si funeste, que tu perdras et ce monde-ci et l'autre. Invoque la pitié; c'est elle qui te sauvera. Voilà ce que me dit la foule émue qui m'environne.» Ce dernier vers qui applique tout d'un coup au poëte ce qu'on croit, dans tout le cours du sonnet, que le poëte, lui-même, adresse à un inconnu, ajoute aux autres mérites de cette petite pièce, celui de l'originalité. On peut distinguer encore dans ces poésies, une ode ou canzone sur la mort de l'empereur Henri VII [477], qui ne manque ni de naturel ni de noblesse, et deux canzoni satiriques; l'une contre les Blancs et les Noirs de Florence [478], qui n'est pas d'un sel bien piquant, l'autre adressée au Dante [479], où il y en a davantage; elle est dirigée contre une ville où le poëte s'ennuie, et cette ville est Naples [480], quoique aucun des auteurs qui ont parlé de Cino, ne dise qu'il y ait voyagé [481]. Ou c'est une particularité de sa vie qui leur a échappé, ou cette satire que les anciens recueils lui attribuent, n'est pas de lui.

[Note 476: ][ (retour) ]

Homo smarrito, che pensaso vai, etc.

(Recueil de l'Allacci, p. 279.)