[Note 633: ][ (retour) ] Voy. dans le P. Negri, ub. supr., la longue liste des poésies inédites du même auteur.

[Note 634: ][ (retour) ] De Puerorum Moribus disticha, Paulo Sassi Roncilionensi præceptori suo inscripta, Florence, 1487, in-4.

Je passe un grand nombre d'autres poëtes qui eurent alors quelque réputation, pour parler des deux Strozzi, père et fils, dans lesquels on aperçoit, quant à l'élégance du style, un progrès considérable; on peut l'attribuer aux leçons que donnèrent long-temps à Ferrare, leur patrie, Guarino de Vérone et Jean Aurispa. Les Strozzi ou Strozza de Ferrare descendaient de ceux de Florence [635], Tito Vespasiano Strozzi, le dernier de quatre frères qui se distinguèrent dans les lettres [636], les éclipsa tous. Les ducs Borso et Hercule d'Este lui confièrent plusieurs emplois civils et militaires, où il ne fut pas à l'abri de tout reproche; il paraît surtout qu'il n'eut pas le talent de se faire aimer [637]. Ses poésies imprimées par Alde [638], sont nombreuses et de différents genres; il y en a de galantes, de sérieuses, de satiriques. On remarque dans toutes une élégance très-rare au milieu de ce siècle, époque où il florissait. Il y en a davantage encore dans celles d'Hercule son fils, qui termina avant le temps une vie estimable, illustre et heureuse, par un horrible assassinat. Il avait épousé Barbara Torella, veuve riche et bien née; un homme d'un haut rang, qui était son rival, le fit lâchement assassiner. L'histoire, trop indulgente, ne le nomme pas; mais il est indiqué par ce silence même; il n'y avait alors à Ferrare qu'une seule famille qui pût y faire taire les lois [639]. Les poésies d'Hercule Strozzi, imprimées avec celles de son père, sont d'une latinité pure, et indiquent autant de sensibilité d'ame que de vivacité d'esprit. Il en a laissé en manuscrit, dont plusieurs sont imparfaites, entre autres la Borséide, que son père avait commencée à la louange du duc Borso, et qu'en mourant il l'avait chargé de finir. Il a aussi des poésies italiennes, éparses dans quelques recueils. Ce n'est pas pour lui un petit éloge que d'avoir été mis par l'Arioste au rang des plus illustres poëtes, dans le quarante-deuxième chant de l'Orlando [640].

[Note 635: ][ (retour) ] Tiraboschi, t. VI, part. II, p. 207.

[Note 636: ][ (retour) ] Les trois autres sont Nicolas, Laurent et Robert.

[Note 637: ][ (retour) ] Voy. Tiraboschi, ub. supr., p. 208.

[Note 638: ][ (retour) ] Strozii Poetæ pater et filius, Venetiis, in œdibus Aldi et Andreœ Asulani Soceri, 1513, in-8.

[Note 639: ][ (retour) ] Neque cœdis quisquam authorem, silente prœtore, nominavit. Paul Jove, Elogia doctorum Virorum, p. 104.

[Note 640: ][ (retour) ]

Noma lo scritto Antonio Tebaldeo,
Ercole Strozza; un Lino ed un' Orfeo
. (St. 84.)

Bartolommeo Prignani, qu'on appelle aussi Paganelli, né à Prignano, dans l'évêché de Reggio, fut professeur à Modène, où l'on a imprimé de lui trois livres d'Élégies [641], un Poëme en vers élégiaques et en quatre livres, intitulé de l'Empire d'Amour [642], et un petit poëme philosophique sur la Vie tranquille [643], où il se proposa de répondre aux reproches qu'on lui faisait de n'avoir pas accepté des places qui lui étaient offertes à la cour de Rome. Plusieurs poëtes connus sortirent de son école, et il en nomme un bien plus grand nombre dans ses Élégies; tous jouissaient alors de quelque réputation, et sont pour la plupart complètement ignorés aujourd'hui.