[Note 761: ][ (retour) ] Ci-dessus, p 370.

[Note 762: ][ (retour) ] Florence, héritiers Giunti, 1519, in-8.

Ce refrain revient douze fois dans la canzone, et le dernier vers de chacun des douze couplets, finit encore par le mot pazzo; et le poëte, en finissant le dernier couplet, veut que ce mot devienne le cri général:

Ognun gridi com' io grido
Sempre pazzo, pazzo, pazzo.
Non fu mai più bel solazzo
, etc.

Mettant à part ces pieuses folies, Girolamo Benivieni écrivit jusqu'à la fin avec le goût simple et la clarté qui l'avaient distingué dès sa jeunesse; mais c'est aux poëtes qui commencèrent à fleurir quand il vieillissait, qu'appartient la gloire d'avoir rendu à la poésie italienne toute sa splendeur.

Le tableau de ce qu'elle fut au quinzième siècle serait incomplet si je n'y ajoutais celui des femmes poëtes. Il y en avait eu dans chaque siècle, depuis la renaissance des lettres, ainsi que des femmes livrées à d'autres études, parmi lesquelles nous avons même trouvé des docteurs et des professeurs en droit. La poésie, il le faut avouer, convient mieux à ce sexe aimable; et Molière lui-même, qui s'est moqué des femmes savantes, qui a fourni contre elles, aux hommes qui pensent comme lui, ce vers passé en adage:

Et les femmes docteurs ne sont point de mon goût;

Molière n'a rien dit contre les femmes poëtes. En Italie, le quinzième siècle en eut un plus grand nombre que les précédents; plusieurs d'entr'elles joignirent à la poésie d'autres connaissances littéraires, sans en être moins aimables; plusieurs même tempérèrent par leur talent poétique des études trop graves pour leur sexe, et peut-être écartèrent d'elles l'anathême lancé par notre grand comique, contre les femmes à chausse de docteur et à bonnet carré. On voit, par exemple, une princesse Battiste, fille d'Antoine de Montefeltro [763], dont on a des poésies, et surtout une canzone pleine d'énergie et de force, adressée aux princes italiens [764], qui harangua en latin, dans plusieurs occasions solennelles, l'empereur Sigismond, le pape Martin V et plusieurs cardinaux, et qui, de plus, professa publiquement la philosophie, argumenta souvent contre les philosophes les plus exercés, et remporta sur eux la victoire. Elle épousa, en 1395, Galeotto ou Galeazzo Malatesta, qui mourut cinq ans après. Restée veuve, elle se fit religieuse dans l'ordre de Sainte-Claire, et y acquit autant de réputation par sa sainteté, qu'elle s'en était fait dans le monde par ses talents.

[Note 763: ][ (retour) ] Tiraboschi, t. VI, part. II, p. 164.

[Note 764: ][ (retour) ] Voy. Crescembeni, t. III, p. 270.