[Note 191: ][ (retour) ] Le titre entier de ce manuscrit est, après le Proemium: Incipit liber de Viris illustribus editus à Guillelmo Pastregico veronensi cive, et fori ejusdem urbis causidico.
[Note 192: ][ (retour) ] Voy. Maffei, Verona illustr., part. II, p. 115, et Tiraboschi, t. V, l. II, c. 6.
Philippe Villani, fils de Mathieu, et le dernier des trois illustres historiens de ce nom, outre le complément des histoires de son oncle et de son père [193], composa aussi un ouvrage intéressant pour l'histoire littéraire; mais il s'y renferma dans ce qui regardait sa patrie, et n'écrivit que les Vies des hommes illustres de Florence. Le comte Mazzuchelli en a publié pour la première fois [194], non le texte original, qui est en latin, mais une ancienne traduction italienne, avec d'amples et savantes notes. Philippe Villani fut nommé, en 1401, pour expliquer publiquement le Dante dans la chaire que Boccace avait occupée. Il y fut nommé une seconde fois, en 1404, et l'on croit qu'il mourut peu de temps après. Les titres d'Eliconio et de Solitario, que lui donnent quelques anciens manuscrits de ses Vies des hommes illustres, prouvent que, quoiqu'il eût rempli à Pérouse quelques fonctions honorables [195], il s'était ensuite entièrement livré aux lettres et à l'amour de la solitude et du repos. Il fut le premier auteur d'une histoire littéraire particulière, comme Guillaume de Pastrengo, d'une histoire littéraire générale. Quant à l'histoire politique, elle n'eut alors aucun auteur qui pût être comparé aux Villani. Mais le nombre des histoires générales qui furent écrites est considérable, et celui des chroniques ou histoires particulières des différentes villes, passe tout ce qu'on peut se figurer. On ne lit plus ni les unes ni les autres pour son plaisir. Les premières sont même peu utiles pour la connaissance des faits: les auteurs de ces histoires avaient trop peu de critique et trop de crédulité. Le plus connu de tous, parce qu'il l'est à d'autres titres, est le premier commentateur du Dante, Benvenuto da Imola. On a de lui, sous le titre de Liber Augustalis, une histoire abrégée des empereurs, depuis Jules César jusqu'à Venceslas, qui régnait de son temps; ouvrage dont la sécheresse et le peu d'exactitude n'ont pas empêché quelques écrivains de l'attribuer à Pétrarque. On le trouve dans plusieurs éditions de ses œuvres latines, mais sous le nom du véritable auteur [196]. Landolphe Colonna, Romain, qui fut chanoine de l'église de Chartres, et que l'on dit de la noble famille des Colonne [197], écrivit, entre autres ouvrages, un Breviarum historiale, qui a été imprimé en France [198], et Français Pipino ou Pépin, Bolonais, une Chronique générale des rois Francs, depuis l'origine jusqu'en 1314. Pour l'histoire des premiers siècles, il ne fait que copier ceux qui avaient écrit avant lui; mais, parvenu aux temps modernes et aux événements contemporains, il joint aux faits qu'il a pris dans les autres, des faits particuliers qu'on ne trouve point ailleurs [199]. Muratori n'a inséré dans sa grande collection que la partie de cette chronique qui commence en 1176 [200]. Il y a recueilli toutes les chroniques ou histoires particulières qui peuvent être de quelque usage, et peut-être même en a-t-il outre-passé le nombre. On y distingue les deux Cortusi [201], continuateurs de l'histoire de Padoue, commencée par Albertino Mussato dont nous avons parlé dans un précédent chapitre [202], mais qui restèrent fort au-dessous de lui, quant au talent et quant au style; Ferreto de Vicence [203], l'un des meilleurs historiens de ce temps; Calvano Fiamma de Milan [204], qui ne lui est point inférieur; Jean de Cermenate [205], émule et compatriote de Fiamma, et plusieurs autres. Mais combien de ces historiens sont restés en manuscrit dans les bibliothèques d'Italie, et y resteront toujours sans qu'il y ait rien à perdre, ni pour la gloire littéraire de l'Italie, ni pour l'histoire!
[Note 193: ][ (retour) ] Ce complément n'est que de quarante-deux chapitres; il termine le livre XI, et conduit l'histoire de Florence jusqu'à la fin de 1034. V. sur les deux autres Villani, t. II de cet ouvr., p. 301.
[Note 194: ][ (retour) ] En 1747.
[Note 195: ][ (retour) ] Celles de chancelier de cette commune, etc. Voy. Tiraboschi, loc. cit.
[Note 196: ][ (retour) ] Dans l'édit. de Bâle, 1496, in-4., tout à la fin du volume; dans celle de 1581, in-fol., pag. 516, etc.
[Note 197: ][ (retour) ] Tiraboschi, t. V, p. 318.
[Note 198: ][ (retour) ] À Poitiers, en 1479.
[Note 199: ][ (retour) ] Tiraboschi, ub. supr., p. 319.