[Note 426: ][ (retour) ] Il était en forme de Dialogue, et intitulé: An senii sit uxor ducenda. Apostolo Zeno en possédait une copie. (Voy. Dissert. Voss., t. I, 48.)

[Note 427: ][ (retour) ] Il le publia en 1440. (Voy. Poggii Opera, etc., p. 64.)

[Note 428: ][ (retour) ] Les trois premières sont imprimées dans les œuvres de Poggio; la quatrième a été publiée par l'abbé Mehus, en tête de l'édition des lettres de Leonardo Bruni, 1741, 2 vol. in-8.

Nicolas V fut le huitième pape auprès duquel Poggio conserva son office dans la chancellerie pontificale, et ce fut celui de tous dont il eut le plus à se louer. Il avait avec lui d'anciennes liaisons, et il lui avait dédié, lorsqu'il n'était encore que Thomas de Sarzane, un Traité du Malheur des princes [429]. À son avènement au trône papal, il lui adressa un discours de félicitation, et peu de temps après il lui dédia un nouveau traité des Vicissitudes de la fortune [430], le plus intéressant de tous ses ouvrages philosophiques. Bientôt il donna au même pape une preuve incontestable du fond qu'il faisait sur sa protection particulière, en publiant son Dialogue sur l'Hypocrisie [431]; l'étonnante hardiesse avec laquelle il y reprend les folies et les vices du clergé lui eût peut-être coûté la vie ou au moins la liberté sous Eugène. Nicolas aima mieux employer à son profit l'esprit satirique et le talent pour le sarcasme qu'il reconnut dans cet ouvrage; il chargea l'auteur d'écrire contre cet Amédée de Savoie qui, sous le titre de Félix V, persistait à se dire pape. Poggio remplit largement les intentions du pontife; il attaqua l'anti-pape dans une longue Invective [432], et ne traita pas moins durement le noble ermite de Ripaille qu'il n'avait fait un simple professeur d'éloquence [433]. Il entra plus utilement pour les lettres dans les vues de Nicolas V, en traduisant du grec en latin Diodore de Sicile et la Cyropédie de Xénophon, dans le temps que d'autres savants, excités par les libéralités du même pontife, interprétaient d'autres auteurs grecs. Toutes ces traductions, qui parurent presque à la fois, contribuèrent puissamment à remettre en honneur l'étude des anciens.

[Note 429: ][ (retour) ] Ibid., p. 392.

[Note 430: ][ (retour) ] De Varietate fortunæ, imprimé pour la première fois à Paris, en 1723.

[Note 431: ][ (retour) ] Voy., sur ce Dialogue, ci-dessus, p. 315, note.

[Note 432: ][ (retour) ] Poggii Opera, etc., p. 155.

[Note 433: ][ (retour) ] The Life of Poggio Bracciolini, ch. 10.

Poggio donna carrière à la fois, et à son esprit satirique, et à ce goût pour les expressions obscènes qui était alors trop commun, dans le célèbre livre des Facéties. C'est une preuve sans réplique de la licence qui régnait dans les mœurs de la cour romaine que de voir un homme alors septuagénaire [434], un secrétaire apostolique, jouissant de l'estime et de l'amitié du souverain pontife, publier librement un recueil de contes qui outragent souvent la pudeur, parmi lesquels plusieurs mettent à découvert l'ignorance et l'hypocrisie alors communes dans l'état ecclésiastique, et qui traitent même avec peu de ménagement les choses les plus sacrées de la religion. L'occasion qui donna lieu à la naissance de ce livre le prouve en quelque sorte mieux encore. Jusqu'au pontificat de Martin V, les officiers de la chancellerie romaine avaient coutume de se rassembler dans une salle commune. Le genre des conversations qu'on y tenait fit donner à cet appartement le nom de bugiale, dérivé de l'Italien bugia, mensonge, et que Poggio rend lui-même par fabrique ou manufacture de mensonges [435]. On y rapportait les nouvelles du jour, et l'on cherchait à s'amuser en racontant des anecdotes plaisantes. On y censurait tout librement. On n'épargnait personne, pas même le souverain pontife. C'est principalement de ces conversations entre quelques ecclésiastiques, attachés à la cour de Rome par des fonctions graves, que sont tirés les contes pour rire et les bons mots rapportés dans les Facéties. Ce livre contient un assez grand nombre d'anecdotes sur plusieurs hommes distingués qui florissaient dans le quatorzième et le quinzième siècle, et sous ce rapport et par le mérite de la narration, il n'est pas sans intérêt littéraire. Quant à son immoralité, sans juger avec plus d'indulgence qu'il ne faut ce livre devenu trop célèbre, tout homme ami de la décence trouvera que c'est une punition assez forte de l'avoir fait, que de n'être connu de la plupart de ceux qui lisent que par cette débauche d'esprit, après une vie aussi longue, aussi laborieuse et aussi utile aux lettres que le fut celle de l'auteur.