[Note 418: ][ (retour) ] Juin 1433.
[Note 419: ][ (retour) ] Voy. Poggii Opera, etc., p. 312-317.
[Note 420: ][ (retour) ] Il en eut avec George de Trébizonde, Guarino, de Vérone, Laurent Valla, et plusieurs autres.
[Note 421: ][ (retour) ] Voy. Poggii Opera, etc., p. 339-542.
Le calme rétabli à Florence lui inspira le désir de passer en Toscane le reste de sa vie; il acheta une petite campagne dans l'agréable canton de Valdarno; et malgré les bornes très étroites de sa fortune, il sut rendre cette humble retraite précieuse pour les amis des lettres et des arts, par une riche bibliothèque, et par une petite collection de statues, dont il fit le principal ornement de son jardin, et de l'appartement destiné aux entretiens littéraires. Il avait toujours joint le goût des beaux-arts à celui des lettres, et il possédait non seulement des bustes et des statues, mais beaucoup de médailles et de pierres gravées d'un très-grand prix. Les monuments de Rome et des campagnes circonvoisines avaient été l'objet de son admiration et de ses recherches, et il avait acquis, dans le cours de plusieurs années, cette collection précieuse de productions de l'art antique. Il reçut alors du gouvernement de son pays un témoignage honorable d'estime pour lui, d'égards et de respect pour la noble profession des lettres. La seigneurie déclara, par un acte public, qu'ayant annoncé le dessein de se fixer dans sa patrie pour jouir du repos et se consacrer à l'étude (ce qui lui serait impossible s'il était assujéti aux mêmes taxes que les autres citoyens, qui retiraient du commerce ou des magistratures et des emplois publics, des émoluments et des profits), lui et ses enfants seraient désormais exempts de toutes charges publiques [422].
[Note 422: ][ (retour) ] Voy. Apostolo Zeno, Dissert. Voss., t. I, p. 37, 38.
Le décret parle de ses enfants, quoiqu'il ne fût point marié. Peu avancé dans l'état ecclésiastique, il en avait cependant jusqu'alors [423] conservé l'habit; mais, suivant un usage assez commun dans ces bons siècles, cela ne l'avait point empêché d'avoir un grand nombre d'enfants naturels, tous, il est vrai, de la même maîtresse [424]. Il se décida enfin à prendre femme à l'âge de cinquante-cinq ans, et il épousa une jeune fille de dix-huit [425], qui lui apporta pour dot six cents florins. Il paraît qu'il délibéra quelque temps sur les inconvénients de cette disproportion d'âge; il avait même composé un Traité où il pesait le pour et le contre; mais cet écrit n'a jamais vu le jour [426]. Son mariage dit assez qu'il s'y décidait pour l'affirmative; et le bonheur dont il jouit avec sa femme, prouve qu'il avait raison d'être de cet avis. Retiré loin des orages politiques dans sa maison de campagne, il y passa tranquillement plusieurs années, uniquement occupé d'études et de travaux littéraires. Plusieurs de ses meilleurs ouvrages, entre autres son Dialogue sur la Noblesse [427], datent de cette heureuse époque. Il n'y éprouva d'autre chagrin que celui que lui causa la perte de la plupart de ses protecteurs et de ses meilleurs amis. Niccolo Niccoli, Laurent de Médicis, frère de Cosme, Nicolas Albergati, cardinal de Ste.-Croix, Leonardo Bruni, moururent successivement et à peu d'années de distance. Il soulagea sa douleur en payant un tribut à leur mémoire par d'éloquentes oraisons funèbres [428].
[Note 423: ][ (retour) ] 1435.
[Note 424: ][ (retour) ] On en fait monter le nombre jusqu'à quatorze, douze garçons et deux filles.
[Note 425: ][ (retour) ] Selvagg'a di Chino Manenti de' Buondelmonti.