[Note 538: ][ (retour) ] Antiquitatum variarum volumina XVII, cum Commentariis Joannis Annii Vilerbiensis, Rome, 1498, in-fol. la même année à Venise, et depuis à Paris, à Bâle, à Anvers, à Lyon, tantôt avec et tantôt sans les Commentaires.

On fut ébloui par cette publication fastueuse. Dans un temps où tous les auteurs anciens semblaient sortir comme de leurs tombeaux, on crut à la résurrection de ceux d'Annius; mais si l'Italie entière commença par être dupe, ce fut d'abord en Italie que l'on reconnut l'erreur. Annius y eut aussi des apologistes et des soutiens. Cette dispute se ranima dans le dix-septième siècle [539]; mais la critique éclairée du dix-huitième a réduit les choses au point que si quelqu'un s'y trompe encore, c'est qu'il est volontairement dans l'erreur. «Ce serait, dit Tiraboschi [540], une perte inutile de temps, que d'alléguer des preuves de ce dont personne ne doute plus, si ce n'est ceux qu'il est impossible de convaincre.» La question ne pourrait plus être que de savoir si ce moine, aussi crédule que savant, qualités qui ne s'excluent pas toujours, se laissa tromper par quelque fourbe qui lui donna pour authentiques ces manuscrits supposés, ou s'il fut assez fourbe lui-même pour imaginer cette ruse; assez patient pour composer ces histoires en diverses langues savantes, et pour les commenter volumineusement; assez habile pour tromper, par cette ruse, un grand nombre d'hommes instruits. L'une de ces deux suppositions paraît à peu près aussi difficile à concevoir que l'autre; mais elles sont à peu près également indifférentes, puisqu'il est universellement reconnu que ce recueil d'antiquités est un recueil d'erreurs, s'il n'en est pas un d'impostures.

[Note 539: ][ (retour) ] Voy. les détails de cette querelle entre Mazza, dominicain, qui publia une Apologie d'Annius, Sparavieri de Vérone, qui écrivit contre, et François Macedo, qui répondit pour Mazza; Apostolo Zeno, Dissert, Voss., t. II, p. 189 à 192.

[Note 540: ][ (retour) ] Ub. supr., p. 17.

Quelques critiques n'ajoutent pas beaucoup plus de foi à ce que nous a laissé sur les antiquités, un homme qui fit alors beaucoup de bruit par ses voyages et par son ardeur à rechercher les anciens monuments; mais le plus grand nombre des amateurs de la palæographie lui accorde plus de confiance: c'est Ciriaco d'Ancône, né dans cette ville vers l'an 1391 [541], et qui commença, dès l'âge de neuf ans, à montrer cette passion pour les voyages, dont il fut possédé toute sa vie. À vingt-un ans, après avoir déjà vu plusieurs villes d'Italie, avec un oncle qu'il accompagnait pour les affaires de son commerce, il passa, avec un autre oncle, en Égypte. Deux ans après son retour en Italie, il commença à voyager pour son compte. La Sicile, Constantinople, les îles de l'Archipel, firent naître en lui le goût pour les monuments antiques, qui acheva de se développer lorsqu'il fut revenu dans sa patrie, et qu'il y eut joint l'instruction classique qui lui manquait. Il retourna dans la Grèce, apprit le grec à sa source, passa en Syrie, revint dans l'Archipel, séjourna dans l'île de Chipre, à Rhodes, à Mitylène, et dans les autres îles où se trouvent les plus riches débris des temps anciens, et revint en Italie, riche d'observations, de manuscrits, de médailles, d'inscriptions et d'autres antiquités. Il y était appelé par l'élection d'Eugène IV, qu'il avait beaucoup connu à Rome, et qui lui fit l'accueil qu'il en devait attendre. Ciriaco se mit alors à rechercher les antiquités des différentes villes du Latium. Il parcourut, pendant près de dix ans, presque toutes les villes d'Italie, passa une troisième fois en Orient, peut-être même une quatrième, toujours occupé des mêmes études, et infatigable dans ses recherches. On croit qu'il revint en Italie vers le milieu du siècle, et qu'il y mourut quelque temps après.

[Note 541: ][ (retour) ] Tiraboschi, t. VI, part. I, p. 135.

Il laissa beaucoup de manuscrits qui n'ont paru que très long-temps après sa mort, et dont on n'a même publié que des fragments. Ceux de son voyage d'Orient furent mis les premiers au jour, en 1664 [542]. Son Itinéraire, ou la Relation de son Voyage en Italie pour en étudier les antiquités, n'a été imprimé qu'en 1742 [543], et sur un manuscrit si mal en ordre, que tous les objets y sont confondus, et qu'on ne peut s'y faire une idée juste et suivie des courses et des travaux de l'auteur. Enfin, d'autres fragments sur les antiquités d'Italie ont encore paru en 1763 [544]. Des antiquaires attentifs reconnaissent que Ciriaco d'Ancône s'est souvent trompé dans la manière de transcrire et d'interpréter les inscriptions, sur la date et l'authenticité de plusieurs, et sur un assez grand nombre de points d'histoire, de chronologie et de géographie; mais, avec le secours d'une critique éclairée, on ne laisse pas de tirer beaucoup d'utilité des recherches d'un voyageur si actif et si laborieux. Il n'avait aucun intérêt à tromper; et il serait malheureux de s'être donné tant de peines pendant sa vie, pour ne laisser, après sa mort, que la réputation d'un homme de peu de lumières ou de mauvaise foi.

[Note 542: ][ (retour) ] À Rome, par Moroni, bibliothécaire du cardinal Barberini.

[Note 543: ][ (retour) ] À Florence, par l'abbé Mehus.

[Note 544: ][ (retour) ] À Pesaro, avec des notes d'Annibal degli Abati Olivieri.