[Note 551: ][ (retour) ] Journal de Jacopo da Volterra, publié par Muratori, Script. Rer. ital., vol. XXIII, p. 144.

Pomponio vécut pauvre, mais rien ne prouve qu'il ait été obligé d'aller finir ses jours dans un hôpital, comme l'assure Valerianus [552], qui, pour grossir son livre, a souvent ajouté aux infortunes trop réelles des gens de lettres, des infortunes imaginaires. Il en a oublié une de Pomponio, qui méritait cependant d'être citée; c'est qu'en 1484, dans une sédition qui s'éleva contre Sixte IV, sa maison fut pillée, ses livres et tous ses effets volés, et lui, forcé de s'enfuir en désordre [553], un bâton à la main. Mais cette perte fut bientôt réparée; quand la sédition fut apaisée, ses amis et ses écoliers lui envoyèrent à l'envi tant de présents, qu'il se trouva, pour ainsi dire, plus à son aise qu'auparavant. Il se faisait généralement estimer par sa probité, sa simplicité, son austérité même. Uniquement occupé de ses études, il n'y avait pas un réduit obscur à Rome, pas le moindre vestige d'antiquité qu'il n'eût observé avec attention, et dont il ne pût rendre compte. On le voyait errer seul et rêveur au milieu de ces monuments, s'arrêter à chaque objet nouveau qui frappait ses yeux, rester comme en extase, et souvent pleurer d'attendrissement. Il mourut à Rome en 1498. Les regrets qui éclatèrent à sa mort, et la pompe extraordinaire de ses funérailles, attestent qu'il n'avait pu être réduit à finir dans un hospice une vie environnée de tant de considération et d'estime.

[Note 552: ][ (retour) ] De Infelicitate Litterat., l. II.

[Note 553: ][ (retour) ] In giupetto coi borzacchini, Journal de Stephano Infessura; Script. Rer. ital., vol. III, part. II, p. 1163.

On a de lui plusieurs ouvrages propres à faire connaître les mœurs, les coutumes, les lois de la république romaine, et l'état de l'ancienne Rome. Ce sont des Traités sur les sacerdoces, sur les magistratures, sur les lois, un abrégé de l'histoire des empereurs, depuis la mort du jeune Gordien jusqu'à l'exil de Justin III, et plusieurs autres ouvrages [554] pleins d'une érudition profonde et variée. Il s'appliqua de plus à expliquer et à commenter plusieurs anciens auteurs. Les premières éditions que l'on fit de Salluste furent revues par lui, et confrontées avec les plus anciens manuscrits. Il employa les mêmes soins pour les Œuvres de Columelle, de Varron, de Festus, de Nonius Marcellus, de Pline le jeune; et l'on a encore de lui des commentaires sur Quintilien et sur Virgile [555].

[Note 554: ][ (retour) ] Ils ont été recueillis dans un volume devenu très-rare, sous le titre de: Opera Pomponii Lœti varia, Moguntiæ, 1521, in-8. Ce volume contient: Romanæ Historiæ compendium, etc., de Romanorum Magistratibus, de Sacerdotus, de Jurisperitis, de Legibus, de Antiquitatibus urbis Romæ (on croit que ce Traité n'est pas de lui), Epistolæ aliquot familiares, Pomponii Vita per M. Antonium Sabetlicum.

[Note 555: ][ (retour) ] Les Commentaires sur Quintilien sont imprimés avec ceux de Laurent Valla, Venise, 1494, in-fo. Ceux sur Virgile parurent, selon Maittaire, à Bâle, 1486, in-fol. Apostolo Zeno en cite une autre édition, Bâle, 1544, in-8., Dissertaz. Voss., t. II, p. 247.

L'historien qui nous a conservé le détail des persécutions qu'éprouvèrent Pomponio Leto et son académie, et qui y fut exposé lui-même, Bartolemeo Platina, était né à Pladena, dans le territoire de Crémone [556]. Le nom de sa famille était de' Sacchi; il y substitua celui de sa patrie, latinisé selon le goût du temps. Il suivit d'abord le métier des armes, et se livra tard à l'étude des lettres. On croit qu'il eut pour premier maître, à Mantoue, le bon et célèbre Victorin de Feltro. Conduit à Rome par le cardinal de Gonzague, et produit auprès du pape Pie II, il en obtint une place [557], qu'il perdit sous Paul II, et l'on vient de voir ce qu'il eut à souffrir des cruautés de ce pontife. Jeté dans les fers, questionné, torturé, ainsi que les compagnons de ses études, d'abord comme conspirateur, ensuite comme hérétique, sans avoir commis d'autre crime que d'être d'une académie de savants; calomnié, dénoncé par l'ignorance, et vu de mauvais œil par un pape soupçonneux, il fut consolé de ses disgrâces par la faveur dont il jouit auprès de Sixte IV. Ce pape lui donna, en 1475, la place de garde de la bibliothèque du Vatican, place modique, mais honorable, et qui fit toute sa fortune. Il mourut à Rome, en 1481, âgé d'environ soixante ans.

Celui des ouvrages de Platina qui a le plus de célébrité, ce sont ses Vies des pontifes romains [558].

[Note 556: ][ (retour) ] Tiraboschi, t. VI, part. I, p. 241.