[Note 557: ][ (retour) ] Dans le collége ou conseil des Abbréviateurs, créé par Pie II, et détruit par son successeur.
[Note 558: ][ (retour) ] La première édition porte ce titre: Excellentissimi Historici B. Platinœ in Vitas summorum pontificum, ad Sixtum IV pontif. max. prœclarum opus, Venise, 1479, in-fol. Les deux autres principaux ouvrages de Platina sont: 1°. Historia inclytæ urbis Mantuæ, et serenissimæ familiæ Gonzagæ in libros sex divisa, etc. Elle n'a été imprimée qu'en 1675, à Vicence, in-4., avec des notes de Lambecius. 2°. De Honestâ Voluptate ot Valetudine libri X, imprimé pour la première fois à Cividale del Friuli (in Civitate Austriæ), 1481, in-4. Dans plusieurs des éditions subséquentes, on a ajouté au titre ces mois: de Obsoniis; c'est celui du ch. I du liv. VI; et c'est sur ce seul fondement que quelques auteurs ont dit que Platina avait fait ex professo, un livre sur la cuisine. Voyez Apostolo Zeno, Dissert. Voss., t. I, p. 254.
Écrites avec une élégance et une force de style qui étaient alors très-rares, elles commencent de plus à offrir des exemples d'une saine critique. L'auteur examine, doute, conjecture; cite les anciens monuments; rejette les erreurs reçues. Il en commet sans doute lui-même, principalement dans l'histoire des premiers siècles; et, quoiqu'il parle plus librement des papes que les autres historiens catholiques, on aperçoit facilement que, lors même qu'il voit la vérité, il n'ose pas toujours la dire; mais c'est beaucoup qu'il soit aussi éclairé que son siècle le lui permettait, et plus véridique que tout autre peut-être ne l'eût été à sa place. On lui a reproché d'avoir trop mal parlé de Paul II. On voit, en effet, dans la Vie de ce pontife, qui est la dernière de l'ouvrage, que Platina ne lui pardonne pas les rigueurs injustes de la prison et des tortures; on ne peut sans doute lui contester le droit de dénoncer à la postérité ces actes de tyrannie; mais c'était en son privé nom, et dans un ouvrage à part, qu'il devait exercer cette juste vengeance: les intérêts particuliers et les passions personnelles doivent être bannis de l'Histoire.
Plusieurs auteurs de chroniques générales entreprirent dans ce siècle, comme dans les précédents, de raconter l'histoire du monde. Ils avaient plus de secours, et purent tomber dans des erreurs moins grossières; mais il leur manquait encore, dans la chronologie et dans le choix des faits, des guides sûrs, et ils sont loin de pouvoir eux-mêmes en servir. L'un de ces chroniqueurs qui mérite le plus d'attention, est Matteo Palmieri, Florentin. Né en 1405 [559], il étudia sous les plus habiles maîtres, parmi lesquels on compte Charles d'Arezzo et Ambrogio le Camaldule. Il fut revêtu des premiers emplois de la république, de plusieurs ambassades importantes, et même de la suprême dignité de gonfalonnier de justice. Il mourut en 1475. Sa Chronique générale, depuis la création du monde jusqu'à son temps, n'a pas été publiée toute entière, mais seulement la dernière partie qui comprend depuis le milieu du cinquième siècle jusqu'au milieu du quinzième [560]. Elle fut continuée jusqu'à l'année 1482, par un écrivain du même nom, et à peu près du même prénom que lui, mais qui n'était ni son parent ni son compatriote. Mattia Palmieri de Pise est le nom de ce continuateur. Il fut secrétaire apostolique, et très-savant dans les langues grecque et latine. Il mourut à soixante ans, en 1483. C'est à peu près tout ce qu'on sait de sa vie. Sa continuation est ordinairement jointe à la Chronique de Matteo.
[Note 559: ][ (retour) ] Tiraboschi, ub. supr., p. 21.
[Note 560: ][ (retour) ] Depuis 447 jusqu'en 1449. La première édition parut à la suite de la Chronique d'Eusèbe, sans nom de lieu et sans date (Milan, 1475, in-4. gr.); Voy. Apostolo Zeno, Dissert. Voss., t. I, p. 110; cette édition est de la plus grande rareté. Il en parut une seconde, Venise, 1483, in-4., etc.
Ce dernier écrivit de plus, en latin, la Vie de Nicolas Acciajuoli, grand sénéchal du royaume de Naples [561], et un livre sur la prise de la ville de Pise [562]. On a de lui, en italien, quatre livres de la Vie civile [563], imprimés plusieurs fois, et même traduits en français [564]. Enfin, il fut aussi poëte. Il fit, en terza rima, à l'imitation du Dante, un poëme philosophique, ou plutôt théologique [565], qui eut pendant sa vie une grande célébrité. Mais sa théologie n'y fut pas toujours orthodoxe; il y avança, par exemple, que nos ames étaient ces anges qui demeurèrent neutres dans la révolte contre leur créateur. Cette opinion mal sonnante, dénoncée à l'inquisition après sa mort, fit condamner solennellement son poëme, qui n'a jamais vu le jour, et dont on a seulement des copies dans plusieurs bibliothèques d'Italie [566]. Quelques-uns ont même prétendu que l'auteur avait été brûlé avec son livre; mais Apostolo Zeno a prouvé [567] que cela n'a ni été, ni pu être; que l'on fit à Matteo Palmieri, des funérailles publiques, ordonnées par la seigneurie de Florence; que Rinuccini prononça son oraison funèbre, et que, pendant la cérémonie, ce poëme, que l'on prétend avoir fait condamner l'auteur, était déposé sur sa poitrine, comme son plus beau titre de gloire.
[Note 561: ][ (retour) ] Muratori, Script. Rer. ital., vol. XIII.
[Note 562: ][ (retour) ] De captivitate Pisarum, ibid., vol. XIX.
[Note 563: ][ (retour) ] Libro della Vita civile, Florence, 1529, in-8. Ce livre est écrit en Dialogues.