[Note 564: ][ (retour) ] Par Claude des Rosiers, et imprimé à Paris, 1557, in-8.
[Note 565: ][ (retour) ] Marsile Ficin, en écrivant à l'auteur, adresse sa lettre: Matheo Palmerio poetœ theologico, épist. 45, l. I. Sur ce poëme, intitulé: Cità di Vita, et qui est divisé en trois livres et en cent chapitres, voy. Apostolo Zeno, ub. supr., p. 113 à 121.
[Note 566: ][ (retour) ] Apostolo Zeno, loc. cit., en compte trois principaux manuscrits dans les bibliothèques Ambroisienne à Milan, Laurentienne et de Strozzi, à Florence.
[Note 567: ][ (retour) ] Loc. cit., et surtout p. 119.
D'autres historiens se renfermèrent dans de plus étroites limites, et se bornèrent à écrire les choses arrivées de leur temps. Le plus célèbre est Æneas Sylvius Piccolomini, qui devint pape sous le nom de Pie II. Il naquit en 1405 [568], dans un château voisin de Sienne [569], et fit ses études dans cette ville. Il s'attacha, dans sa jeunesse, au cardinal Capranica, et se rendit avec lui au concile de Bâle. Dans la rupture qui éclata entre plusieurs pères de ce concile et le pape Eugène IV, il fut du parti des opposants, écrivit pour eux, et les soutint pendant plusieurs années; enfin, il les abandonna, alla se jeter aux pieds d'Eugène, et obtint son pardon. Il avait changé de condition, plus légèrement encore que de parti, et s'était successivement attaché à trois ou quatre cardinaux; il fut ensuite, pendant quelques années, secrétaire de l'empereur Frédéric III. Il voyagea beaucoup, et dans presque tous les pays de l'Europe, en Angleterre, en Écosse, en Hongrie, en Allemagne, en France, presque toujours chargé d'ambassades et de missions de confiance. Le pape Eugène le fit évêque de Trieste; Nicolas V, de Sienne, et Calixte III, cardinal; enfin, il devint pape lui-même [570]; et il est certain qu'il n'eût pas fait cette fortune avec les pères récalcitrants du concile de Bâle, et leur antipape Félix. Il prit le nom de Pie II. Son pontificat presque entier fut occupé d'un vain projet de ligue contre les Turcs, et il mourut en 1464, sans avoir fait aux lettres et aux sciences tout le bien qu'il projetait, et qu'on avait lieu d'attendre de lui.
[Note 568: ][ (retour) ] Tiraboschi, ub. supr., p. 24.
[Note 569: ][ (retour) ] À Consignano, village dont il fit une ville épiscopale quand il fut devenu pape, et que, de son nom de Pio, il nomma Pienza.
[Note 570: ][ (retour) ] 1458.
Son plus grand ouvrage n'est point compris dans la collection générale de ses Œuvres, et ne fut imprimé que cent vingt ans après sa mort. Ce sont des Commentaires en douze livres, sur les événements arrivés de son temps en Italie [571]. On peut les considérer comme une histoire générale de cette partie de l'Europe, pendant les cinquante-huit ans qu'il vécut, histoire écrite, non-seulement avec éloquence et avec force, mais avec une élégance de style qui était alors peu commune. Ses Œuvres [572] contiennent d'abord deux autres livres de Commentaires sur les actes du concile de Bâle. Le parti qu'il avait suivi dans ce concile, dit assez sous quelles couleurs il en présente les actes. Les protestants, dont cet écrit flattait les opinions, l'ont fait réimprimer souvent; mais, sans y joindre d'autres ouvrages du même auteur, où il dit précisément le contraire sur l'autorité du vicaire de Dieu, et sur d'autres points de cette importance, non plus que la grande bulle de rétractation qu'Æneas Sylvius publia lorsqu'il fut devenu Pie II. On les trouve dans le même recueil, et ce serait montrer peu de connaissance des hommes et des affaires de ce monde, que de s'étonner de voir cette diversité entre les écrits d'un prêtre qui veut faire fortune dans un concile, et ceux de ce même prêtre devenu évêque, cardinal et pape.
[Note 571: ][ (retour) ] Pii II Pont. Max. Commentarii rerum memorabilium quœ temporibus suis contigerunt, à R. D. Jo. Gobellino vicario Bonnon. jam diù compositi, et à R. P. D. Fr. Bandino Piccolomineo, archiep. Senensi ex vetusto originali, recogniti, Rome, 1584, in-4., réimprimé à Francfort, 1614, in-fol. Ces Commentaires, quoique donnés sous le nom d'un des familiers de Pie II, sont reconnus pour être de ce pontife lui-même. Voy. Apostolo Zeno, Dissert. Voss., t. I, p. 322.