[Note 572: ][ (retour) ] Édition de Bâle, 1571, in-fol.

Ses autres ouvrages historiques sont une histoire abrégée de Bohême, celle de l'empereur Frédéric III; une Cosmographie qui contient la description de la grande Asie mineure, avec un exposé rapide des faits les plus mémorables, un abrégé de l'histoire de Biondo Flavio, et quelques autres écrits moins importants. Ce sont ensuite des opuscules philosophiques, des harangues, des traités de grammaire et de philologie; un livre de lettres familières qui en contient plus de quatre cents, et dans lequel se trouve compris un grand nombre de morceaux de quelque étendue, entr'autres une espèce de roman ou histoire tragique de deux amants [573], où l'on croit qu'il raconte, sous des noms supposés, un fait arrivé à Sienne, tandis qu'il s'y trouvait avec l'empereur Sigismond. Cette variété de productions, leur nombre et le mérite littéraire qui y brille, auraient de quoi surprendre, même dans un simple littérateur, qui en eût été occupé uniquement; qu'est-ce donc quand on songe aux longs et fatigants voyages, aux grandes affaires, aux éminentes fonctions qui partagèrent la vie de ce laborieux pontife, et qui sembleraient en avoir dû remplir tous les moments?

[Note 573: ][ (retour) ] Historia de Euriato et Lucretia se amantibus, ep. CXIV, p. 623.

Ses Commentaires sur l'histoire de son temps furent continués par Jacopo degli Ammanati, qu'il avait fait cardinal, et qui lui devait bien ce témoignage de reconnaissance. Il était né dans le territoire de Lucques, avait fait d'excellentes études sous Charles et Léonard d'Arezzo, sous Guarino de Vérone, et Gianozzo Manetti. S'étant rendu à Rome en 1450, le cardinal Capranica le prit pour son secrétaire. Il resta dix ans dans cet emploi subalterne, et menait une vie si pauvre, qu'il ne pouvait quelquefois satisfaire aux moindres et aux plus indispensables dépenses [574]. Calixte III le fit secrétaire apostolique; mais Pie II fit bien plus pour lui. Il l'adopta, en quelque sorte, lui donna son nom [575], l'éleva rapidement à l'évêché de Pavie et au cardinalat. C'est de lui qu'il est si souvent parlé dans l'histoire littéraire de ce temps, et c'est à lui que sont adressées tant de lettres des hommes les plus célèbres d'alors, sous le nom de cardinal de Pavie. Sa faveur ne se soutint pas sous Paul II; mais elle reprit, sous Sixte IV, une nouvelle force. Il fut créé successivement légat de Pérouse et de l'Ombrie, évêque de Tusculum, et peu de temps après évêque de Lucques. Il l'était depuis deux ans, lorsqu'un médecin ignorant, pour le guérir de la fièvre quarte, lui fit prendre de l'ellébore, sans précaution et sans mesure. Il tomba dans un profond sommeil, et ne se réveilla plus. Sa continuation des commentaires de Pie II ne s'étend que depuis 1464 jusqu'à la fin de 1469. Le style en est moins bon; mais, à ce mérite près, elle a tous ceux que l'on exige dans l'histoire. On y a joint un recueil de près de sept cents lettres [576], qui ne jettent pas peu de lumières sur les événements de ce siècle.

[Note 574: ][ (retour) ] Appena avea di che farsi rader la barba. Tiraboschi, ub. supr. p. 30.

[Note 575: ][ (retour) ] Piccolomini.

[Note 576: ][ (retour) ] Epistolæ et Commentarii Jacobi Piccolomini, cardinalis papiensis, Milan, 1506, in-fol.

Il y eut alors peu de villes qui n'eussent, comme Florence, leur historien particulier: les différentes histoires littéraires entrent, sur presque tous, dans des détails intéressants pour chacune de ces villes, mais qui le seraient trop peu pour nous. Il faut en excepter d'abord les historiens de Venise, rivale de Florence dans la politique, dans les lettres et dans les arts. Dès le commencement de ce siècle, les Vénitiens avaient désiré d'avoir, au lieu de chroniques, de journaux et de mémoires informes, une histoire méthodique, élégante et suivie, qui consacrât les événements les plus mémorables de leur république. Plusieurs écrivains célèbres furent choisis, mais différents obstacles les empêchèrent de se livrer à ce travail. Celui qui l'entreprit enfin, fut Marc-Antonio Coccio, né en 1436, dans la campagne de Rome [577], sur les confins de l'ancien pays des Sabins, ce qui lui fit substituer à son nom, suivant l'usage de ce temps, celui de Sabellico. Il était élève de Pomponio Leto, et fut appelé, en 1475, à Udine, comme professeur d'éloquence. Il le fut, en la même qualité, à Venise, en 1484. La peste l'obligea, peu de temps après, de se retirer à Vérone, et ce fut là que, dans l'espace de quinze mois, il écrivit en latin les trente-trois livres de son Histoire vénitienne; il les publia en 1487 [578], et la république en fut si contente, qu'elle lui assigna, par décret, une pension annuelle de deux cents sequins. Sebellico, par reconnaissance, ajouta à son Histoire quatre livres qui n'ont jamais vu le jour. Il publia de plus une Description de Venise en trois livres, un dialogue sur les Magistrats vénitiens, et deux poëmes en l'honneur de la République.

[Note 577: ][ (retour) ] À Vicovaro. Tiraboschi, ub. supr., p. 50.

[Note 578: ][ (retour) ] Venetiis, ap. Andr. Toresanum de Asulâ.