[Note 648: ] [ (retour) ] St. 55.

[Note 649: ] [ (retour) ] St. 80.

Il revient sur le continent, où il va toujours cherchant sa chère Angélique, et courant des aventures qui amusent le lecteur et l'intéressent même quelquefois, comme celle de la tendre Isabelle, que Roland trouve dans une caverne, et qu'il délivre d'une troupe de brigands pour la rendre à son cher Zerbin [650]; mais ces aventures avancent peu l'action du poëme. Elle prend enfin une marche plus rapide et un plus grand caractère, quand le poëte nous ramène à la guerre des Sarrazins contre Charlemagne et au siége de Paris [651]. Marsile est à la tête d'une forte armée de Sarrazins d'Espagne; le jeune et présomptueux Agramant, chef général de l'entreprise, en commande une innombrable d'Africains. Les deux rois passent en revue les deux armées: elles s'approchent de Paris et le cernent de toutes parts.

[Note 650: ] [ (retour) ] C. XII et XIII.

[Note 651: ] [ (retour) ] C. XIV.

Pour la première fois, depuis que Charlemagne est le sujet des romans épiques, il paraît ici tel que l'épopée héroïque l'aurait peint d'après l'histoire. Les vœux et les cérémonies de la religion l'occupent d'abord [652]. Tout Paris est en prières. Celle de l'empereur est noble et fervente. Elle est portée, par l'Ange qui veille sur ses destinées, au pied du trône de l'Éternel. Le chœur entier des anges et des saints intercède pour lui. Dieu charge l'archange Michel d'aller chercher le Silence et la Discorde; il veut que l'un conduise pendant la nuit les troupes qui viennent d'Angleterre, sous la conduite de Renaud, et que l'autre mette le trouble et la confusion dans le camp des Sarrazins. Ici, comme on voit, l'Arioste fait succéder au merveilleux de la féerie celui de la religion, mêlé avec le merveilleux allégorique. Son génie embrasse, et tout ce qui est dans la nature des choses, et tout ce que notre faible nature a imaginé dans tous les temps d'êtres supérieurs à elle, qu'elle craint ou qu'elle implore et dont elle attend ses biens ou ses maux.

[Note 652: ] [ (retour) ] St. 68 et suiv.

La manière dont l'archange remplit sa mission ne conviendrait pas de même au poëme héroïque; elle ne pouvait figurer que dans l'épopée romanesque qui admet le genre satirique comme tous les autres. Michel ne croit pouvoir rien faire de mieux pour trouver le Silence que de l'aller chercher dans un couvent de moines; il espère y trouver aussi la Paix, la Charité, l'Humilité. Point du tout; elles en avaient été chassées par la Gourmandise, l'Avarice, la Colère, l'Orgueil, l'Envie, la Paresse et la Cruauté [653]. A la place de ce septième péché, on en attendait peut-être un autre. L'Arioste n'en parle pas. Il est vrai qu'il ne dit pas non plus que l'archange s'attendît à trouver dans ce couvent la vertu contraire. Qu'y trouve-t-il encore? Ce qu'il croyait devoir aller chercher jusqu'aux enfers, la Discorde. C'est dans ce nouvel enfer qu'elle habite parmi les saints offices et les messes [654].

[Note 653: ] [ (retour) ] St. 81.

[Note 654: ] [ (retour) ]

E ritrocolla in questo nuovo inferno

(Chi'l crederia? tra santi uffizii e mese.

(St. 82.)