[Note 63: ] [ (retour) ] Muratori, an 1514.

[Note 64: ] [ (retour) ] Ibid., an 1526.

[Note 65: ] [ (retour) ] Id. ibid.

[Note 66: ] [ (retour) ] Id., an 1527.

Cependant le pape, assiégé dans le château Saint-Ange, et manquant de vivres, fut forcé de capituler aux conditions les plus onéreuses. Prisonnier au Belvédère, jusqu'à ce qu'elles fussent remplies, il eut beau créer des places de cardinaux à prix d'argent, donner deux de ses anciens cardinaux pour otages, concéder les dîmes du royaume de Naples, épuiser enfin toutes ses ressources, il ne put réaliser les sommes qu'il avait promises, et fut réduit à se sauver, travesti en marchand ou en jardinier, seul, et dans un accoutrement plus misérable, dit le bon Muratori, que les pontifes des premiers temps, lorsqu'ils vivaient sans pompe, exposés chaque jour à la hache des empereurs payens [67].

[Note 67: ] [ (retour) ] Ibid.

Le malheur ne le rendit pas plus sage; il ne se vit pas plutôt en liberté qu'il recommença ses intrigues [68]; voyant les affaires des Français ruinées en Italie, il fit sa paix avec l'empereur; ils se lièrent par un traité aussi fatal, comme nous le verrons bientôt, à la liberté de Florence, que favorable aux vues ambitieuses de Clément et de sa famille. Charles-Quint voulut être couronné des mains de ce même pape qui avait été assiégé, pillé et chassé par son armée. Pendant trois ou quatre ans que l'empereur passa en Italie, et principalement à Bologne, où s'était fait le couronnement, le pontife, assidu auprès de lui, fut continuellement occupé d'en tirer parti pour ses projets. Charles retourna en Espagne, et Clément VII ayant d'autres intérêts à ménager avec François Ier., l'alla trouver jusqu'à Marseille; c'est là qu'il parvint à conclure, entre sa nièce Catherine de Médicis et le prince Henri, second fils du roi, ce mariage qui fut depuis si funeste à la France. Revenu triomphant à Rome, il y fulmina, contre le divorce de Henri VIII, cette bulle imprudente qui fit perdre au Saint-Siége l'Angleterre, tandis que, par les suites de fautes d'un autre genre, il perdait tant d'autres états dans l'Allemagne et dans tout le Nord. Clément ne fut pas témoin de ces funestes conséquences; sa santé, déjà chancelante, déclina sensiblement depuis son retour de Marseille; il mourut neuf ou dix mois après [69]. On dit que cette tête si forte, ou du moins si tenace, eut la faiblesse de croire à une prédilection qui lui fut faite. Un moine de la rivière de Gênes lui avait, dit-on, prédit qu'il serait pape, mais qu'il mourrait la même année où lui-même cesserait de vivre. A son retour de France, le pape demanda des nouvelles de son prophète; il apprit qu'il était mourant, et il en conclut que sa fin devait être prochaine [70]. On a vu plus d'une fois des esprits auxquels on supposait de la force donner des traits de crédulité tout semblables; et ils n'ont rien qui doive surprendre, quand il y a dans la trempe de ces esprits plus d'entêtement que de raison.

[Note 68: ] [ (retour) ] Da che fu in libertà, avea ripigliate le sue astuzie e cupidità. Id., an 1528.

[Note 69: ] [ (retour) ] Septembre 1534.

[Note 70: ] [ (retour) ] Varchi, Istor. Fiorent., a conté le premier cette anecdote, que Muratori n'adopte pas. Voyez Annal. d'Ital., an 1534.