[Note 922: ] [ (retour) ] Libro nuovo di battaglie, chiamato Argentino nel quale si tratta della liberazione di Terra-Santa, etc., di Michele Bonsignori Perugino. Peruzia, 1521, in-4º.
[Note 923: ] [ (retour) ] Belisardo fratello del conte Orlando, dal strenuo milite Marco di Guazzi, Mantovano, Venezia, 1525, 1533 et 1534, in-4º., divisé en trois livres, contenant vingt-neuf chants, et laissé imparfait par l'auteur. Il avait donné auparavant l'Astolfo boioso, voyez page précédente, note 3; il était né à Padoue, mais d'une famille originaire de Mantoue, et prit dans tous ses ouvrages le titre de Mantavano. Il s'y nomme tantôt di Guazzi, et tantôt simplement Guazzo.
[Note 924: ] [ (retour) ] Di Orlando santo, vita e morte con venti mila cristiani uccisi in Roncisvalle, cavata dal Catalogo de' santi, di Giulio Cornelio Gratiano, libri (cioè canti) VIII, Trivigi, 1597, in-12; Venezia, 1639, in-12.
Dans la généalogie fabuleuse de Charlemagne, on a vu que Beuve d'Antone descendait de Constantin au même degré que Pepin, père de Charles [925]. Beuve eut trois fils, dont le second fut Sinibalde; et l'un des descendants de ce Sinibalde fut un certain Guérin de Durazzo, prince de Tarente, surnommé il Meschino (le malheureux ou le misérable), soit à cause des aventures de sa jeunesse, soit parce que Fioravante, l'un de ses aïeux, avait porté le même surnom. Ce Guérin fut le héros d'un ancien roman, soit français très-anciennement traduit en italien, soit italien traduit en très-vieux français. Le succès qu'il avait eu en prose italienne, où il avait été réimprimé plusieurs fois, engagea Tullie d'Aragon, femme poëte, alors très-célèbre, à le mettre en vers [926]. J'ai dit précédemment ce qui m'a paru de plus vraisemblable sur le roman, où l'on a prétendu que le Dante avait pu prendre en partie l'idée de son Enfer [927]; j'ajouterai ici quelque chose sur le poëme et sur son auteur; et c'est par-là que je terminerai cette longue série de poëmes relatifs à Charlemagne, à ses paladins, à leurs familles, et aux Sarrazins ses ennemis.
[Note 925: ] [ (retour) ] Voyez ci-dessus, p. 167.
[Note 926: ] [ (retour) ] Elle assure dans son Avis aux lecteurs qu'elle l'a versifié d'après un livre écrit en langue espagnole; mais il serait singulier qu'elle ne connût que cette traduction, tandis que le roman italien, imprimé dès 1473, réimprimé trois fois avant la fin du quinzième siècle, et plusieurs fois encore dans le seizième, devait être moins rare en Italie qu'une traduction espagnole.
[Note 927: ] [ (retour) ] Voyez t. II de cette Hist. littér., p. 24, 25 et 26.
Tullie d'Aragon porta toute sa vie avec orgueil ce nom illustre, quoiqu'il lui rappelât une naissance illégitime, dont on ne croirait pas que l'orgueil pût tirer parti. La fille naturelle d'un archevêque, d'un cardinal avait sans doute des préjugés contre elle dans le monde, mais ce cardinal était d'une maison qui avait régné à Naples, qui régnait encore en Espagne, et dès-lors d'autres préjugés combattaient et faisaient taire les premiers. Le cardinal Tagliavia d'Aragon, archevêque de Palerme, père de Tullie [928], lui assura deux grands biens, une éducation très-cultivée et une fortune indépendante. La nature avait plus fait encore en lui donnant tout ce que l'esprit, la grâce et la beauté réunis ont d'attrait et de puissance. Elle paraissait toujours avec un éclat de parure qui relevait encore ses dons naturels; sa voix, son chant, son entretien, ses poésies achevaient le charme; et l'historien le plus sage [929] ne nie pas que si cette fille de l'amour en alluma souvent la flamme dans les autres, il n'y ait eu, pour son propre compte, quelque chose à lui reprocher. A Rome, où elle habita plusieurs années, elle tenait une espèce de cour; on y voyait des littérateurs, des poëtes, des prélats, des cardinaux; et ses galanteries furent si publiques, qu'à son départ pour Bologne, le mordant Pasquin lança contre elle les traits les plus piquants [930]. Son ami le plus intime et le plus favorisé paraît avoir été le poëte Muzio, dont nous aurons plus d'une occasion de parler. A Bologne, à Ferrare, à Venise, sa vie fut à peu près la même [931]; l'âge l'avertit enfin d'en changer. Elle se retira de bonne grâce, alla se fixer à Florence, sous la protection de la duchesse Éléonore de Tolède, femme de Cosme Ier., qui n'était encore que duc de Florence. Elle y vécut avec dignité, atteignit la vieillesse, et pour dernière faveur de la fortune, fut dispensée par la mort du malheur de la décrépitude.
[Note 928: ] [ (retour) ] Sa mère, que le cardinal connut à Rome, était une jolie femme de Ferrare, qu'on ne connaît que sous le nom de Giulia.
[Note 929: ] [ (retour) ] Tiraboschi, t. VII, part. III, p. 45, dit en parlant d'elle: Questa celebre rimatrice che fu frutto d'amore e ne accese, non senza qualche sua taccia, le fiamme in molti.