[Note 930: ] [ (retour) ] Dans un capitolo satyrique, intitulé; Pasione d'amor di maestro Pasquino per la partita della signora Tullia, e martello grande delle pavere cartigiane di Roma con le allegrezze delle Bolognese. (Tirab., ub. sup.)
[Note 931: ] [ (retour) ] Nous verrons bientôt (chap. XII) des preuves de la manière dont elle vécut à Venise.
Ses Rime ou poésies diverses [932] lui donnent un rang parmi les lyriques italiens de ce siècle. Elle n'a écrit en prose qu'un dialogue sur l'amour [933], où elle examine très-sérieusement avec deux philosophes de ses amis [934], si l'amour et l'action d'aimer sont ou ne sont pas la même chose; si l'amour doit ou ne doit pas avoir un terme ou une fin, et autres questions pareilles. Ce fut depuis sa réforme qu'elle écrivit son poëme, dont le héros est un modèle de piété autant que de courage, et n'est pas moins bon chrétien que brave guerrier [935]. Elle souffrait de voir que tous les livres qui servaient à l'amusement des femmes fussent remplis de choses lascives et déshonnêtes [936]. Boccace surtout lui donnait un terrible scandale; elle lui reprochait sévèrement de n'avoir épargné l'honneur ni des femmes mariées, ni des veuves, ni des religieuses, ni des vierges vivant dans le monde, ni enfin quelque honneur que ce soit [937]. Elle reprochait de même à tous les poëmes romanesques, depuis le Morgante jusqu'au Roland furieux, de contenir de ces détails si licencieux et si lascifs que non-seulement les religieuses, les demoiselles, les veuves, les femmes mariées, mais les filles publiques mêmes prenaient bien garde que l'on ne vit ces poëmes dans leurs maisons; «car ce n'est pas chose nouvelle, ajoute la bonne Tullie, de voir qu'il arrive à une femme, soit par nécessité, soit par quelque autre mésaventure, de faire folie de son corps [938], et qu'il ne lui convienne peut-être pas plus qu'aux autres femmes d'être malhonnête et dissolue dans son langage et dans le reste de sa conduite.» Elle se mit donc à chercher quelque histoire honnête et récréative qu'elle pût mettre en vers et qui ne procurât aux personnes de son sexe que d'innocents plaisirs. Elle s'arrêta enfin à celle de Guérin Durazzo, histoire toute chaste, toute pure, toute chrétienne, que la vierge la plus intacte peut lire sans scrupule et sans danger.
[Note 932: ] [ (retour) ] Venise, 1547, in-8º., réimprimées plusieurs fois.
[Note 933: ] [ (retour) ] Dialogo dell' infinita d'amore, Venise, 1547, in-8º.
[Note 934: ] [ (retour) ] L'un est le célèbre Benedetto Varchi, l'autre Lactance Benucci, beaucoup moins connu.
[Note 935: ] [ (retour) ] Il Meschino altramente detto il Guerrino fatto in ottava rima dalla signora Tullia d'Aragona, etc., Venetia, 1560, in-4º.
[Note 936: ] [ (retour) ] C'est elle-même qui le dit dans l'Avis aux lecteurs qui précède son poëme.
[Note 937: ] [ (retour) ] Non perdonando ad onor di donne maritate, non di vedove, non di monache, non di vergini secolari, non di commari, non di compari, non d'amici fra loro, non di preti, non di frati, e finalmente non di prelati, ne di Cristo et di Dio stesso, etc. (Loc. cit.)
[Note 938: ] [ (retour) ] Vieille expression proverbiale qui me paraît rendre le mieux celle dont Tullie se sert ici: Non essendo però cosa nuova che ad una donna per necessità, o per altra malaventura sua, sia avenuto di cader in errore del corpo suo, e tutta via si disconvenga, non men forse a lei che all'altre, l'esser disonesta e sconcia nel parlare e nell'altre case. (Ibid.)