[Note 129: ] [ (retour) ]1572.
Cette dignité ne ralentit point son ardeur pour l'étude; parvenu à la dignité suprême, il disait qu'il n'y a personne au monde à qui il convienne mieux de beaucoup savoir qu'à un pontife romain. Dans le cours de son règne, qui dura treize ans, il fonda vingt-trois colléges ou séminaires, il soutint l'université romaine, déjà un peu remise sous Paul III, des désastres du pontificat de Clément VII; il y attacha les plus savants professeurs. Il éleva de superbes édifices, tant à Rome que dans plusieurs villes de l'état ecclésiastique; il ouvrit de toutes parts de nouveaux chemins; et tandis, qu'en digne chef de l'Église, il en répandait les trésors pour le soulagement de l'indigence, il ne les versait pas moins libéralement pour l'encouragement des arts utiles, des lettres et des beaux-arts [130].
[Note 130: ] [ (retour) ] Tiraboschi, t. VII, part. I, p. 28.
L'astronomie et le droit canon lui doivent deux grandes réformes, celles du calendrier romain et du recueil des lois canoniques, connu sous le nom de Décret de Gratien [131]. La réforme du calendrier fut provoquée par un homme inconnu, nommé Louis Lilio, né, non pas à Vérone, comme l'a dit Montucla dans son Histoire des mathématiques [132], ni à Rome, comme d'autres l'ont prétendu, mais dans la Calabre [133]. Le calendrier de l'Église, adopté dans le quatrième siècle [134] par le premier concile de Nicée, supposait que le cours du soleil correspondait précisément à trois cent soixante-cinq jours et six heures, et que dix-neuf années solaires équivalaient à deux cent trente-cinq lunaisons. Ces deux erreurs avaient fait, dans l'espace de plusieurs siècles, que l'équinoxe de mars, qui arrivait le 21 du mois, au temps de ce concile, avait rétrogradé jusqu'au 11 dans le seizième siècle, et que les nouvelles lunes anticipaient de quatre jours. Dix jours ôtés au mois d'octobre, en 1582, ramenèrent les équinoxes à l'ancienne époque; et la suppression du bissexte, dans la dernière année de chaque siècle, à l'exception de celle qui termine chaque quatrième siècle, prévint le même dérangement pour l'avenir. Enfin l'équation introduite dans le cycle de dix-neuf ans [135], et non pas l'invention de l'épacte, déjà connue depuis long-temps [136], remit d'accord l'année solaire et l'année lunaire.
[Note 131: ] [ (retour) ] Voyez t. I de cette Histoire litt., p. 147.
[Note 132: ] [ (retour) ] T. I, p. 586.
[Note 133: ] [ (retour) ] Tiraboschi, ub. supr., p. 390.
[Note 134: ] [ (retour) ] En 325.
[Note 135: ] [ (retour) ] Le nombre d'or de l'Athénien Methon donnait dix-neuf ans à la révolution par laquelle la lune revient au même point du ciel; il ne s'en manque qu'une heure et demie, méprise insensible dans un siècle, et considérable après plusieurs siècles. (Voltaire, Essai sur les Mœurs et l'Esprit des Nations, c. 183.)
[Note 136: ] [ (retour) ] Ab. Ximenès, Introd. au Gnomon de Florence, p. cii et suiv., cité par Tiraboschi, ub. supr.