[Note 149: ] [ (retour) ] Tiraboschi, t. VII, part. I, p. 175.

[Note 150: ] [ (retour) ] Id. ibid. Cette Bible, malgré tous les soins qu'on avait pris, fut loin de répondre aux vues du pontife, et les incorrections dont elle était remplie obligèrent peu de temps après Clément VII à en ordonner une édition nouvelle. (Muratori, ub. supr., an. 1590.)

La bibliothèque Vaticane, qui dut ses commencements à Nicolas V, que Sixte IV avait rebâtie et ouverte au public, et qui, depuis, avait été successivement enrichie par les libéralités de Léon X, de Paul III et de Grégoire XIII, était cependant située dans un lieu bas, obscur et malsain [151]. Sixte V voulut élever aux lettres un monument plus convenable. Fontana, qu'il chargea de l'exécuter, seconda parfaitement les grandes vues et l'empressement du pontife; il acheva dans une année le superbe édifice où cette bibliothèque fut placée [152], et où elle est restée jusqu'à ces derniers temps.

Ces actes de munificence sembleraient avoir dû épuiser le trésor, et cependant Sixte V amassa dans celui du château St.-Ange, la somme, alors énorme, de cinq millions d'écus d'or, ou de vingt millions de livres. Son motif ostensible pour thésauriser ainsi, était de pourvoir aux dépenses que pourraient occasioner, par la suite, les invasions des Turcs, ou même des princes chrétiens dans les états de l'Église; mais on prétend que le but secret était de s'emparer du royaume de Naples, à la mort de Philippe II; que des mots échappés au pape dans ses discours, et même dans quelques bulles, le prouvèrent assez évidemment [153]. Il laissa donc le trésor riche, mais l'état appauvri par l'excès des impôts, des gabelles et des autres inventions fiscales, établies sans mesure et levées avec une rigueur inflexible. Aussi, au moment de sa mort, le peuple voulut-il abattre la statue que le sénat lui avait élevée au nom du peuple même. On parvint à apaiser l'émeute et à sauver la statue; mais c'est à cette occasion que fut porté le décret qui défendit d'en élever, à l'avenir, à aucun pape vivant [154].

[Note 151: ] [ (retour) ] Id. ibid., an. 1588.

[Note 152: ] [ (retour) ] Tiraboschi, ub. supr., p. 179.

[Note 153: ] [ (retour) ] Muratori, an. 1588.

[Note 154: ] [ (retour) ] Ibid., an. 1590.

Après lui, le Saint-Siége, devenu, pour ainsi dire, plus glissant et plus mobile que jamais, fut occupé, dans une seule année, par trois papes, qui n'y laissèrent aucune trace que les lettres soient intéressées à chercher [155]. Clément VIII, qui le remplit ensuite jusqu'à la fin de ce siècle [156] et pendant le premier lustre du suivant, était un homme d'un esprit élevé, d'une instruction peu commune et d'une rare capacité dans les affaires. Il aima les sciences et les lettres; il éleva au cardinalat un Baronius, un Bellarmin, un d'Ossat, et plusieurs autres qui soutinrent l'éclat de la cour et de la pourpre romaines; mais aucun établissement public, aucun acte de libéralité particulière ne nous recommande sa mémoire, chargée d'ailleurs, comme nous l'allons bientôt voir, du juste reproche d'une usurpation violente et aussi contraire, par sa nature à l'esprit évangélique, qu'elle le fut, par ses suites, à l'intérêt des lettres. Sa conduite, à l'égard de la France, fut mêlée de mal et de bien. Depuis long-temps nos troubles civils et religieux occupaient les souverains pontifes plus qu'il ne l'aurait fallu pour la tranquillité de l'Europe, pour le bien de l'humanité, pour l'honneur même de la religion, ou du moins de la cour de Rome. Clément VIII osa encore, pendant plusieurs années, refuser à notre bon roi Henri IV l'entrée de l'Église où il demandait à être admis. Il l'y reçut enfin, et cessa d'offrir au monde le spectacle révoltant d'un prêtre étranger, osant ou défendre ou permettre à un grand peuple de reconnaître pour chef qui il lui plaît.

[Note 155: ] [ (retour) ] Urbain VII ne régna que douze jours, Grégoire XIV dix mois, et Innocent IX environ deux.