[Note 162: ] [ (retour) ] Mazzuchelli en donne la liste, loc. cit.
[Note 163: ] [ (retour) ] Jean-Jérôme Aquaviva, dont le Boccalini parle dans ses Ragguogli di Parnasso, cent. II, ragg. 85.
[Note 164: ] [ (retour) ] Octave, fils du précédent, archevêque de Naples et cardinal.
Les Davalos, originaires d'Espagne, mais établis à Naples dès le siècle précédent, eurent encore plus de renommée. Il n'est presque point de recueils de vers publiés alors qui ne soient remplis de leurs louanges; et les dédicaces d'ouvrages de tout genre, qui leur furent adressées, sont innombrables. Ferdinand-François Davalos, marquis de Pescaire, né à Naples, se distingua surtout comme guerrier, et fut l'un des plus grands capitaines de ce siècle. Ce fut lui qui contribua le plus au gain de cette bataille de Pavie, où François Ier. perdit tout, fors l'honneur [165]. Il mourut à Milan la même année [166], à peine âgé de trente-six ans, des suites des blessures qu'il avait reçues dans cette bataille. Il avait montré, dès sa jeunesse, beaucoup de goût pour les lettres, et continuait de les cultiver et de les honorer parmi le fracas des armes. Il avait épousé la fameuse Vittoria Colonna, l'une des femmes poëtes les plus célèbres qu'ait eues l'Italie; et l'éclat des talents de sa femme, et de la protection qu'elle accorda aux lettres rejaillissait sur lui.
[Note 165: ] [ (retour) ] Mot justement célèbre de ce roi chevalier.
[Note 166: ] [ (retour) ] 1525.
Ferdinand laissa pour héritier Alphonse Davalos, marquis del Vasto, son cousin, et c'est celui-ci surtout que la littérature italienne compte parmi ses plus illustres Mécènes. Il acquit aussi un grand nom dans la carrière des armes, où son bonheur ne fut troublé qu'à la fin. Gouverneur du Milanais et de tous les états de l'empereur en Italie, la cour qu'il tenait à Milan devint le rendez-vous des lettres et des arts. Paul Jove, dans ses éloges des plus illustres guerriers [167], Luca Contile, dans ses lettres [168], le Muzio, dans les siennes [169], et plusieurs autres auteurs contemporains, le représentent comme l'un des hommes de son siècle le plus beau, le plus rempli de grâces et d'amabilité dans ses manières, de régularité dans ses mœurs, de goût et de talent pour la poésie, de magnificence et de dignité dans toute sa conduite. La conversation des hommes de lettres et des savants était presque le seul délassement qu'il se permît; il les fixait auprès de lui par les agréments de son commerce autant que par ses bienfaits. Chaque jour il s'entretenait avec eux sur des questions d'histoire, de cosmographie, quelquefois même de théologie, selon le goût du temps, mais le plus souvent de poésie. Il savait aussi les employer dans les affaires, et les chargeait de négociations importantes, relatives, soit à la politique, soit à la guerre [170]; même dans ses voyages, il n'interrompait point l'usage de ses entretiens et de ses exercices littéraires. Nous avons, dans une lettre du Muzio [171], la description d'un de ses voyages dans le Piémont, de Vigevano à Mondovi «Pendant la route, écrivait-il, le Marquis a toujours été dans la compagnie des Muses; il a fait jusqu'à douze sonnets et une épître de plus de cent vers, en réponse à une de moi; il m'a obligé à composer tous les jours. En voyageant à cheval, nous faisions des vers comme à l'envi; nous nous écartions du cortége; quand j'avais fait un sonnet, j'allais à lui pour le lui réciter; il en faisait autant avec moi. Chaque soir, en arrivant à nos logements, j'écrivais ce que j'avais composé pendant le jour, et je le lui portais; il écrivait aussi ses vers, et me les envoyait ou me les remettait lui-même quand je l'allais voir.» Depuis ce temps, les grands ne voyagent plus à cheval, mais on voit que ce n'est pas la seule différence qu'il y ait entre leurs voyages et ceux d'Alphonse Davalos.
[Note 167: ] [ (retour) ] Elog. Viror. bello illustr., p. 335.
[Note 168: ] [ (retour) ] T. I, p. 58, 69, 90.
[Note 169: ] [ (retour) ] Edit. de Florence, 1590, p. 66.